Premier acte réussi pour Jagmeet Singh : il a gagné le coeur des militants au congrès de son parti. C'est maintenant le reste des Canadiens qu'il doit convaincre. Voici cinq choses à retenir pour bien comprendre la bataille qui se prépare.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

1. Un air d'unité

Un peu plus de 90 % des militants ont appuyé leur chef dans un vote de confiance, samedi. Ils ont senti le besoin d'envoyer un message d'unité. L'élection de 2019 approche à grands pas et l'heure n'est plus aux divisions. Les délégués veulent faire oublier les déchirements du congrès de 2016, où Thomas Mulcair s'était fait montrer la porte.

L'adversaire est libéral et il est toujours très populaire. Les néo-démocrates savent qu'ils doivent se ranger derrière le nouveau chef et contribuer à son élan. Pas le faire trébucher.

2. Main tendue au Québécois

Le NPD ne peut pas se permettre de perdre d'autres députés au Québec. Impossible de progresser à l'échelle nationale sans une base solide dans la province.

Cela explique les propositions audacieuses qui ont été faites l'électorat québécois cette fin de semaine : déclaration de revenus unique, réouverture de la Constitution pour y inclure le Québec, promesse de revoir l'entente avec Netflix... Jagmeet Singh en appelle à la fibre nationaliste pour se faire remarquer.

3. À gauche, encore plus à gauche

Plusieurs militants ont encore en tête le traumatisme de 2015, où le NPD s'était fait doubler sur la gauche par les libéraux. Ils ont envoyé le signal clair que la formation doit revenir à ses racines.

Des résolutions adoptées pendant la fin de semaine l'illustrent bien. Les membres ont appuyé l'idée de décriminaliser toutes les drogues au pays et la gratuité scolaire au niveau postsecondaire. Ils veulent aussi lutter contre le profilage racial, les contrôles d'identité aléatoires menés par les policiers et toute forme de discrimination.

4. Pipelines? Quels pipelines?

S'il y a bien un sujet que Jagmeet Singh voulait éviter ce week-end, c'était celui des pipelines. Pourquoi s'ingérer dans la querelle fratricide entre l'Alberta et la Colombie-Britannique sur l'oléoduc Transmountain?

Pendant le congrès, le parti a pris bien soin de confiner les débats derrière les portes closes et le chef n'en a pas parlé dans son discours.

Sa position très nuancée, semblable à celle de Thomas Mulcair et Justin Trudeau, pourrait vite revenir le hanter.

5. Coffres dégarnis, chef peu connu

Le NPD traîne toujours une dette de près de 4 M$. M. Singh a moins de deux ans pour regarnir les coffres et se faire un butin de guerre. Les conservateurs sont riches et la machine libérale est bien huilée.

Encore faut-il que Jagmeet Singh se fasse connaître au-delà de l'Ontario.

Le premier test viendra lors de l'élection partielle dans Chicoutimi-Le-Fjord ce printemps et ensuite dans Outremont, dans quelques mois. Les troupes néo-démocrates doivent tenter de conserver la circonscription du chef sortant.

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