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Congrès du NPD : l'exploitation pétrolière divise toujours

Les débats sur l'exploitation pétrolière et les oléoducs continuent de s'imposer au congrès du Nouveau Parti démocratique (NPD) à Edmonton. La première ministre albertaine, la néo-démocrate Rachel Notley, a fait un plaidoyer en faveur de la construction d'oléoducs devant les membres du parti fédéral.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Rachel Notley a été accueillie comme une vedette. Les applaudissements et les cris ont été nombreux. Sa victoire historique aux élections albertaines de 2015 et ses politiques semblent ravir les délégués. 

Les applaudissements ont cependant été moins unanimes quand elle a parlé de l'importance de l'industrie énergétique pour sa province et de la nécessité de construire des oléoducs pour exporter les ressources albertaines. Elle a rappelé aux délégués néo-démocrates que des centaines de milliers de Canadiens travaillaient dans le secteur énergétique.

Ses propos sont aux antipodes de ceux de certains membres du NPD fédéral, qui ne ménagent pas leurs efforts dans la lutte contre les hydrocarbures. Sur le plancher du congrès et même à l'entrée du centre de conférence Shaw d'Edmonton, des documents qui appellent à la fin de l'exploitation des hydrocarbures et qui s'opposent à la construction d'oléoducs sont distribués.

Pour renforcer son message, il n'y a pas que la première ministre qui se prononce. Dans les couloirs, on aperçoit plusieurs de ses députés. Ils assurent venir à titre personnel, puisqu'ils sont aussi membres du NPD fédéral. Mais leur message est clair : le NPD de l'Alberta ne partage pas toutes les idées avancées pendant ce congrès.

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D'ailleurs, les néo-démocrates albertains aimeraient bien faire comprendre aux délégués venus de partout au pays que le gouvernement Notley est très important pour l'ensemble du mouvement néo-démocrate. Surtout que le seul autre gouvernement sous bannière orange, celui du Manitoba, est en difficulté pendant l'actuelle campagne électorale.

Rencontre fédérale-provinciale

La ministre de l'Environnement et des Parcs de l'Alberta, Shannon Philipps, a rencontré vendredi le caucus des députés fédéraux du NPD. Son objectif était de faire valoir les avancées qu'a réalisées son gouvernement dans le dossier environnemental, notamment en mettant un prix sur le carbone.

C'est cette même ministre qui a affirmé au quotidien The Globe and Mail que certaines des propositions les plus ambitieuses sur la question des hydrocarbures représentaient une « trahison » à l'endroit du gouvernement Notley.

Le député fédéral de Colombie-Britannique, Nathan Cullen, comprend le ton, et affirme qu'il a eu de bons échanges avec la ministre albertaine. Les mots sont forts parce qu'abandonner l'industrie des énergies fossiles n'est pas une option pour l'Alberta, ajoute-t-il.

Trouver un terrain d'entente

Le militant et candidat à la vice-présidence du NPD, Hans Marrotte, comprend aussi les opinions exprimées par les différents représentants du gouvernement albertain. Il note que les troupes de Rachel Notley font face à la pression du Parti Wildrose, l'opposition officielle de droite en Alberta. « Quand vous avez le Wildrose en avant de vous, il ne faut pas y aller trop trop dans la nuance, il faut montrer aux gens qu'il faut se battre pour ces emplois-là », note celui qui a été candidat aux dernières élections fédérales.

Hans Marotte estime qu'il est essentiel de s'engager dans la transition énergétique. Mais il ajoute que « si on a encore plusieurs heures, plusieurs mois de débat, on va finir par trouver un terrain d'entente ».

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