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Congrès du Parti conservateur : les militants ontariens veulent du changement

Des militants ontariens du Parti conservateur du Canada espèrent que le congrès de Vancouver, qui commence aujourd'hui, sera l'occasion pour le parti de se forger une nouvelle identité.

Un texte de Christian Noël

Après le départ de Stephen Harper, qui a uni les forces réformistes et progressistes il y a 13 ans, de nombreux membres souhaitent maintenant un parti plus inclusif, au ton plus optimiste.

Milton Howe, un militant de Toronto, s'attend à des débats vigoureux entre les factions réformistes et progressistes.

« Être conservateur, c'est plus que vouloir des mesures économiques, dit-il. C'était un des défauts de Stephen Harper, il était perçu comme froid. Les gens pensent que les conservateurs n'ont pas d'empathie pour les pauvres. Ce n'est pas vrai. C'est important de changer cette perception. »

Plus de diversité

Durant la campagne cet automne, les banlieues de Toronto, à forte concentration multiculturelle, sont passées du bleu au rouge, ce que déplore Pako Tshiamala, de Brampton.

« En tant que minorité, je suis fier d'être conservateur, dit-il. Mais à la plupart des événements où je me présente, je suis un des seuls. Je pense que le parti doit trouver une façon de se reconnecter avec les minorités. » Il souhaite que le congrès mène à une « nouvelle image plus inclusive de la diversité, afin de redéfinir ce que c'est d'être conservateur en 2016 ».

Plus accessible

Certains jeunes militants reprochent de leur côté au parti d'avoir perdu la bataille des médias sociaux. « C'est important d'avoir des politiques solides et une vision pour le Canada, dit Alexandra Robinson, une militante torontoise de 23 ans. Mais il faut aussi faire bataille sur Instagram. L'élection de 2015 s'est jouée sur Instagram et c'est Justin Trudeau qui a gagné. On doit s'adapter. »

L'ancien chef Stephen Harper se prépare à annoncer son départ de la vie politique comme député de Calgary-Heritage. Et le nouveau chef conservateur ne sera choisi que dans un an. Les membres sentent donc qu'ils auront les coudées franches au congrès.

« C'est une opportunité, après 10 ans au pouvoir, de se rafraîchir, mentionne Karim Jivraj, candidat conservateur défait dans University-Rosedale, à Toronto. Puisqu'il n'y a pas de leader permanent, c'est un moment où on peut écouter les membres, voir les politiques qu'ils proposent et faire du ménage à l'intérieur du parti. »

Et renouveler la vision à long terme, ajoute Pako Tshiamala.

« Quand je pense à conservateur, tout ce qui me vient en tête, c'est épargner de l'argent, minimiser les dépenses fiscales, c'est tout, dit-il. Il n'y a pas vraiment une identité, des valeurs concrètes qui me poussent à être conservateur. »

Ce sera aussi l'occasion de recoudre la grande tente bleue érigée par Stephen Harper, alors que les différentes factions qui la constituent apprennent maintenant à cohabiter sans lui.

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