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Congrès du PQ : de nouveaux affrontements en vue sur la langue

Des militants péquistes se préparent à affronter leur chef sur la question linguistique, à moins d'un mois du prochain Congrès national du parti. Ces derniers veulent soumettre les cégeps à la loi 101 et ainsi restreindre l'accès des francophones et des allophones aux établissements de langue anglaise.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

« Sur la question de la langue, à mon avis, il ne l'a pas et puis ce n'est pas nouveau. » Le jugement de Marc Laviolette, président de la circonscription de Beauharnois, au sujet de la position linguistique de son chef donne le ton. Il estime impératif que le Parti québécois s'engage, s'il est élu, à restreindre l'accès aux cégeps anglophones, une mesure à laquelle s'oppose le chef Jean-François Lisée.

Adoptée lors du dernier congrès en 2011, la mesure ne fait cette fois-ci pas partie de la proposition de programme qui sera soumise aux militants péquistes le mois prochain à l'occasion du Congrès national du parti. Une trentaine d'associations de circonscription ont toutefois adopté des amendements dans le but de resserrer l'accès aux établissements de langue anglaise. Ces amendements seront débattus en atelier.

Le directeur et rédacteur en chef de L'Aut'journal, Pierre Dubuc, milite lui aussi en faveur de l'application des principes de la loi 101 aux étudiants qui fréquentent le cégep.

« Je pense que ça va être un enjeu majeur [du Congrès]. La langue a toujours été un enjeu majeur au Parti québécois. »

Son journal a récemment publié les résultats des travaux menés par le professeur à la retraite Charles Castonguay, anciennement du Département de mathématiques et de statistique de l'Université d'Ottawa.

Selon lui, depuis 2001, une proportion croissante de jeunes adultes de langue maternelle française adoptent l'anglais comme langue de travail et comme langue de communication en public, surtout à Montréal.

« Le cégep anglais, que voulez-vous, ça déteint sur les comportements au point où les diplômés finalement sont plus portés à s'angliciser dans toutes sortes d'autres comportements publics et privés que s'ils fréquentaient le cégep français. »

Les récentes données de Statistique Canada, qui indiquent un recul du français au Québec, le confortent dans ses conclusions, même si ces données sont sujettes à caution.

M. Castonguay est actuellement membre du Parti québécois, mais il n'a pas l'intention de renouveler son adhésion au parti à son échéance, notamment en raison des positions linguistiques adoptées par le chef Lisée.

La langue, enjeu du vote de confiance?

Jean-François Lisée s'apprête à se soumettre à un vote de confiance, et Pierre Dubuc met en garde le chef péquiste.

Il soutient que le taux d'approbation de 76,2 % reçu par l'ex-premier ministre en 2005 était en partie le reflet de l'insatisfaction des membres du Parti québécois à l'égard de sa position sur la question linguistique.

Le chargé de mission à l'organisation du PQ et député de Terrebonne, Mathieu Traversy, ne s'inquiète pas outre mesure.

« Le Parti québécois, c'est un parti de débats, de débats virils, de René Lévesque à Jean-François Lisée [...] À la fin des débats, c'est clair qu'on va réussir à trouver une voie de passage pour que le Parti québécois puisse continuer à être le défenseur de la langue ici au Québec pour les prochaines années. »

En 2012, le parti s'était engagé, lors de la campagne électorale, à étendre les dispositions de la loi 101 au niveau collégial. Une fois élu, le gouvernement minoritaire de Pauline Marois n'avait toutefois pas été en mesure de respecter son engagement, faute de recueillir l'appui d'un autre parti.

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