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Congrès du PQ : les députés veilleront au grain

Au-delà de la question de la langue, la gratuité dans les services de garde et le financement des écoles privées sont du nombre des débats que la direction du Parti québécois surveillera de près lors du prochain Congrès national du Parti québécois. Le vote de confiance à venir suscite aussi des inquiétudes.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Selon ce qu'a appris Radio-Canada, la direction du Parti québécois et ses députés ont été appelés, la semaine dernière, à désigner parmi les 457 propositions qui seront soumises aux militants péquistes cette fin de semaine celles qui risquent d'être plus litigieuses. « On veut éviter que des propositions inapplicables soient adoptées », explique une source. L'idée n'est pas d'empêcher les militants de s'exprimer, assure-t-on, mais de les mettre en garde contre des écueils potentiels. D'autres discussions sur le sujet auront lieu vendredi matin, avant le début du congrès, quand les députés seront réunis en caucus.

Parmi les propositions susceptibles de créer des remous figure celle de « tendre vers la gratuité des services de garde éducatifs ». L'idée proposée par le Conseil exécutif national et l'association de Montréal-Ville-Marie n'est pas mauvaise, explique-t-on, mais elle pourrait être mieux circonscrite. « Il faut voir comment ça pourrait s'insérer dans le cadre financier qu'on présentera aux Québécois lors des prochaines élections. » En coulisses, certains expriment le souhait qu'on précise l'horizon à l'intérieur duquel on voudrait atteindre cet objectif afin d'éviter les critiques.

Une autre série de propositions qui visent à limiter les subventions octroyées aux écoles privées sont aussi considérées comme sensibles. « C'est un enjeu qui touche de près les familles de la classe moyenne alors il faut être prudent. » Pas moins de sept propositions portant sur le sujet seront à l'étude; si certaines associations veulent carrément mettre fin au soutien aux écoles privées, d'autres proposent une réduction plus modeste de leurs subventions. Le chef Jean-François Lisée a déjà exprimé publiquement des réticences sur le sujet : « Le Québec a pris une décision de permettre l'existence d'un secteur privé, et on sent que beaucoup de parents de la classe moyenne – et pas seulement – veulent avoir ce choix », avait-il déclaré en point de presse en avril dernier.

Au Parti québécois, on assure que l'ensemble des débats se dérouleront librement : « Ce congrès-ci va compter un nombre record d'heures pour les débats, que ce soit en plénière ou en atelier. On a fait un effort pour que les discussions puissent avoir lieu le plus longuement [possible] pour que les gens puissent débattre. Pour le reste, on fait confiance aux militants », a déclaré le directeur des communications du Parti québécois, Yanick Grégoire, en entrevue à Radio-Canada.

Vote de confiance

En plus des propositions jugées plus délicates, la direction du parti devra aussi s'assurer du bon déroulement du vote de confiance.

Lors de votes de confiance précédents, les délégués avaient été préalablement appelés pour mesurer leur niveau d'appui envers le chef. La direction du parti avait aussi dépêché des émissaires dans les régions afin qu'ils s'entretiennent avec les présidents des associations régionales.

En 2011, la stratégie avait porté fruit, puisque 93 % des délégués avaient accordé leur confiance à Pauline Marois. En 2005 toutefois, l'opération avait eu moins de succès et seulement 76,2 % des membres du parti avaient appuyé Bernard Landry.

Cette fois-ci, les délégués n'ont pas été sondés individuellement. « On n'est pas là-dedans, explique le directeur des communications du parti, Yanick Grégoire. On est à un an de la prochaine élection, le chef a été élu il y a moins d'un an. [...] On fait confiance aux militants, c'est à eux de prendre la décision en fin de semaine. »

« On sent beaucoup d'unité dans le parti en ce moment. On a confiance, donc on ne veut pas appeler les délégués et leur mettre de la pression. Ça donnerait l'impression que nous sommes dans l'incertitude », explique une source.

Mais d'autres trouvent le jeu risqué : « C'est un peu dans l'improvisation. Ce n'est pas optimal », conclut une autre source.

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