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Consultation sur le racisme : pas de huis clos imposé, confirme Tamara Thermitus

La consultation sur la discrimination systémique et le racisme ne se veut pas le procès des Québécois et n'imposera aucun huis clos, selon la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus.

« Moi, je ne parle pas de huis clos. La décision revient à la personne », a martelé mercredi Mme Thermitus en entrevue à Midi Info.

Ses propos ont fait écho à ceux tenus mardi par le premier ministre Philippe Couillard.

Après avoir d'abord déclaré que la CDPDJ, qui pilote la consultation, avait « décidé d'avoir une première phase à huis clos », M. Couillard a rectifié le tir en insistant pour que « les témoignages soient faits de façon publique, à moins que la personne demande autrement ».

Cette méthode sera effectivement celle qui sera employée, a confirmé Mme Thermitus.

« Le but, c’est de permettre aux gens de pouvoir partager cette expérience-là, qui peut être traumatisante pour certains, mais de pouvoir en informer, et qu’après, ça fasse partie du rapport public, et qu’on puisse en tenir compte dans le cadre de l’élaboration des solutions », a-t-elle souligné.

La consultation de la controverse

L'annonce du huis clos avait été vertement critiquée par le député de Québec solidaire Amir Khadir, et le militant Will Prosper, qui avaient allégué que la CDPDJ manquait de transparence dans sa gestion de ce dossier controversé.

Si la Commission semble s'être ajustée sur ce point, ce n'est qu'une des nombreuses critiques qui l'accablent.

Mme Thermitus est elle-même visée par des plaintes quant à sa mauvaise gestion du personnel de la CDPDJ, des allégations qui font l'objet d'une enquête du Protecteur du citoyen.

Aux critiques qui craignent que les tensions au sein de la Commission jettent une ombre sur les travaux de la consultation, la présidente a répondu que ce ne serait pas le cas. « La Commission continue ses opérations et remplit toujours sa mission , a-t-elle soutenu.

D'autres craignent plutôt que cet exercice de consultation ne vise en fait qu'à faire le procès des Québécois, dans la foulée d'événements comme l'attentat à la mosquée de Québec.

Mme Thermitus a rejeté cette idée, et a assuré que l'objectif, « c’est de pouvoir obtenir l’information pour être capable de développer des politiques publiques adéquates ».

Possible report des échéances

L'organisme Action travail des femmes a pour sa part critiqué le délai jugé trop court de la consultation, qui doit transmettre ses recommendations à l'hiver 2018.

Une telle échéance correspond davantage à des besoins politiques qu'à un réel travail de réflexion, selon l'organisme.

« Tout processus peut être amené à être amélioré, a répondu Mme Thermitus. Pour le moment, on lance la consultation et on va prendre le pouls et faire les ajustements qui s’imposent le cas échéant. »

Le nombre de personnes qui se présenteront pour témoigner aura également un impact sur la durée des travaux, a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont quant à eux réclamé l'annulation complète de la consultation. L'année préélectorale n'est pas le moment de tenir un tel exercice, selon ces partis d'opposition.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a dit craindre que l'exercice ne vienne « envenimer le débat » sur le racisme, tandis que la porte-parole caquiste en matière d'immigration, Nathalie Roy, a accusé le gouvernement Couillard de « faire de la politique sur le dos des communautés culturelles ».

La présidente de la CDPDJ a refusé de se prononcer sur les enjeux politiques, mais a rappelé que des groupes et des personnes réclament une telle consultation depuis février 2016.

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