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Consulter son médecin par application plutôt qu’en clinique

L'application mobile en santé Dialogue.co, lancée au Québec lundi, permet de consulter un médecin sans avoir à se déplacer. Mais les fédérations des omnipraticiens et des médecins spécialistes et la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) refusent de se prononcer sur l'arrivée de ce nouvel outil, puisque trop de variables demeurent inconnues. 

Un texte de Mathieu Dion correspondant parlementaire à Québec

L'application permet d'avoir accès directement à un professionnel de la santé à l'aide d'un téléphone intelligent, mais elle ne s'adresse qu'à des entreprises qui choisissent de l'offrir à leurs employés.

Les employés bénéficiant de l'abonnement de leur employeur peuvent envoyer leurs questions à une infirmière par messages textes à même l'application et de façon confidentielle. Si celle-ci n'est pas en mesure de répondre, elle les redirige vers d'autres professionnels : nutritionnistes, psychologues, médecins de famille ou médecins spécialistes.

L'intervention des professionnels peut aller jusqu'à une conversation vidéo encryptée dans l'application. Si nécessaire, les médecins associés au projet peuvent également prescrire un médicament à distance.

Une première au Québec

Une application offrant une gamme de soins aussi importante est une première dans la province. Puisqu'elle relève entièrement du secteur privé, elle n'aurait nul besoin de l'approbation des autorités de la santé, selon ses concepteurs.

Le Collège des médecins indique toutefois que la télémédecine demeure un terrain inconnu au Québec.

L'ordre professionnel a émis plusieurs mises en garde dans un guide d'exercice en 2015 :

  • Le médecin doit détenir un permis d'exercice au Québec pour pratiquer sur le territoire.
  • Les mêmes normes déontologiques doivent être respectées.
  • Le médecin doit faire faire preuve de prudence et de diligence.

D'ailleurs, les fédérations des omnipraticiens et des médecins spécialistes et la Régie de l'assurance maladie du Québec n'ont pas voulu se prononcer sur l'arrivée de cette nouvelle application puisqu'il y a trop de variables inconnues. La RAMQ rappelle néanmoins qu'un médecin souhaitant pratiquer au privé doit être désaffilié du régime public; les deux ne peuvent cohabiter dans la même journée pour un service assuré par la Régie.

Déjà 5000 employés

L'application a été mise sur pied par trois entrepreneurs québécois, Cherif Habib, Alexis Smirnov et Anna Chif. L'une des sources de financement est Diagram Ventures, un fonds d'investissement montréalais qui compte parmi ses commanditaires Power Corporation.

Selon Cherif Habib, une vingtaine d'entreprises regroupant 5000 employés ont participé à la mise sur pied de Dialogue.co en tant que clients. Le coût de l'abonnement varie en fonction des options prises par l'employeur, mais compenserait celui de l'absentéisme au travail dû à l'attente en clinique.

M. Habib affirme que 70 % des visites de première ligne peuvent être traitées par téléphone : « Souvent, les gens qui vont dans la salle d'attente ne devraient pas y aller. Ils ont besoin d'être rassurés et d'obtenir de l'information. »

Ailleurs dans le monde

Des services de télémédecine existent ailleurs dans le monde et au Canada. En Ontario, le gouvernement a mis sur pied un réseau de télémédecine pour les communautés éloignées.

Pour l'instant, Dialogue.co n'est pas disponible pour les citoyens au Québec; l'abonnement est seulement offert aux entreprises. Ses créateurs prévoient-ils rendre son application disponible au grand public un jour? Les dirigeants de Dialogue.co n'en ont pas l'intention à court et moyen terme.

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