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Contre le groupe armé État islamique, la patience?

Dans la foulée des attentats de Paris, le président américain semble vouloir mettre un pied sur le frein plutôt que sur l'accélérateur.

Un texte de Yanik Dumont Baron correspondant à Washington 

Les attentats de Paris posent une série de problèmes au président américain. C'est lui qui dirige la vaste coalition chargée d'éradiquer un ennemi bien mortel. Mais Paris montre les limites des tactiques qu'il a choisies. Le choc et l'horreur demandent une réponse. Si possible aussi frappante, percutante.

Barack Obama était visiblement irrité par les premières questions de journalistes après les attentats :

  • N'est-il pas temps de changer de stratégie?
  • Vous n'avez pas anticipé Paris; êtes-vous vraiment capable de bien évaluer la menace pour les États-Unis?
  • Allez-vous faire des gestes plus audacieux?

Le président s'est montré un peu piqué par ces remises en question de ses stratégies. Après des rencontres avec les dirigeants des principales économies mondiales (le G20), sa réponse peut se résumer ainsi : pas de changement de cap.

« La stratégie que nous avons proposée est la stratégie qui, ultimement, va fonctionner », expliquait le président lors de son passage en Turquie.

Écoutez-le bien! Barack Obama prêche aussi la patience. Malgré l'urgence née un vendredi 13 dans les rues de Paris. Malgré les menaces contre sa propre capitale. Malgré la peur des Américains d'être les prochaines victimes.

« Ça va prendre du temps »

Le pragmatique président justifie la patience ainsi : en réduisant petit à petit le territoire physique qu'occupent les djihadistes, la coalition réduit aussi leur pouvoir d'attraction. En mettant fin à la guerre civile en Syrie, en travaillant pour la réconciliation entre sunnites et chiites en Irak, la coalition élimine les conditions qui font qu'une vie de combat et la possibilité d'un attentat-suicide sont des options attirantes pour certains jeunes.

« Comme je l'ai dit depuis le début, ça va prendre du temps », répète Barack Obama. Le président ne veut pas succomber à l'urgence du moment.

Envoyer des milliers de troupes en Irak? Pas question. Créer une zone de sécurité pour les civils syriens? Non. Il parle plutôt « d'intensifier » ce qui se fait déjà : des bombes larguées des airs, des conseillers militaires (relativement) loin des lignes de front.

Cette option (peut-on parler de guerre d'usure?), c'est peut-être la seule qui s'offre au président. Il a été élu pour mettre fin aux guerres. On lui a même décerné, en début de mandat, le prix Nobel de la paix. Et n'oubliez pas, les Américains ne veulent pas d'une autre guerre au Moyen-Orient, avec son sang versé et des milliards de dollars à payer.

Est-ce qu'un attentat en sol américain changerait la donne?

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