La fatigue est l'une des principales causes d'accidents impliquant des poids lourds au Québec. Pour éviter que les conducteurs ne dépassent le nombre d'heures de travail prédéterminé, des compagnies de transport installent ce qu'on appelle un carnet de bord (logbook) électronique. Cette mesure permet de noter automatiquement les heures de conduite.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Au Québec, les conducteurs de poids lourds doivent prendre une pause après avoir travaillé durant 13 heures. Mais les contrevenants sont de plus en plus nombreux.

En 2017, 2620 camionneurs ont reçu un constat d'infraction pour avoir dépassé le nombre légal d'heures travaillées. C'est plus du double comparativement à 2007.

« Les transporteurs, je ne les qualifierais pas de délinquants, mais il y en a qui vont étirer sur l'élastique tant qu'ils vont pouvoir, car ils ont des rendez-vous à respecter avec les clients. C'est clair qu'avec la réglementation sur les enregistreurs de bord électroniques, tout le monde sera au même diapason, il n’y aura plus beaucoup de place à la falsification », explique l'enseignant du Centre de formation du transport routier de Saint-Jérôme, Patrice Nault.

Les conducteurs travaillent traditionnellement avec une fiche papier, ce qui peut leur permettre de tricher, car ils notent eux-mêmes leurs heures de travail.

Solution aux États-Unis

Pour diminuer les risques, les États-Unis obligent déjà tous les camions, y compris ceux des entreprises étrangères, à posséder un carnet de bord électronique. La loi est entrée en vigueur le 18 décembre et les autorités commenceront à sévir à partir du 1er avril.

Des entreprises qui traversent régulièrement la frontière américaine comme Groupe Robert et Groupe Guilbault s'y sont conformées.

« Pour nous, les employeurs, ça représente aussi une tâche de moins de réception de fiches papier. L'analyse se fait de façon électronique. On n'aura pas besoin de faire de classement », ajoute le directeur de la conformité de Groupe Guilbault, André Lacasse.

Jusqu'à présent, la moitié de ses conducteurs ont reçu la formation.

« Le risque d'erreur est diminué pratiquement à néant. En papier, on remplit, on peut oublier de donner des indications sur la fiche ce qui provoque des contraventions, tandis qu'électronique tout se fait automatiquement », précise le responsable de la formation chez Groupe Guilbault, Gérard Lecours.

Le Canada devrait appliquer la même règle d'ici 2020. Plus de 700 000 véhicules lourds circulent au pays.

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