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Controverse du niqab : Jean Chrétien laisse la question aux tribunaux

Tout le débat entourant le port du niqab est une question de droit et c'est aux tribunaux de trancher, estime l'ancien premier ministre libéral Jean Chrétien.

Une fois le verdict rendu, les Canadiens devront l'accepter et passer à autre chose, comme ils l'ont fait dans le passé pour le mariage gai ou le droit des agents de confession sikhs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de porter le turban.

« Il y a eu d'autres controverses de même nature et les cours ont décidé. On s'est donné au Canada une Charte des droits et libertés et c'est les jugements des cours qui décident si c'est acceptable ou pas », a-t-il fait valoir.

L'ancien premier ministre s'est joint à la campagne de Justin Trudeau il y a deux semaines. Il a commenté samedi le dossier du niqab lors d'un barbecue organisé par la candidate libérale dans Ottawa-Centre, Catherine McKenna.

Questionné quant à savoir s'il est personnellement en accord ou non avec le port du niqab lors des cérémonies d'assermentation à la citoyenneté, il a répliqué que la réponse avait peu d'importance.

Le dossier du niqab a rebondi dans la campagne électorale lorsque le gouvernement conservateur de Stephen Harper a décidé de porter devant la Cour suprême la décision d'un tribunal inférieur d'invalider une directive ministérielle interdisant aux musulmanes de porter un niqab lorsqu'elles prêtent le serment de citoyenneté.

Les conservateurs comme les bloquistes ont décrit le niqab comme étant un symbole de l'oppression des femmes qui va à l'encontre du principe de l'égalité des sexes auquel les Canadiens adhèrent.

Le leader libéral, Justin Trudeau, et son homologue néo-démocrate, Thomas Mulcair, ont plutôt fait valoir que c'était une question de liberté religieuse et que ce n'était pas le rôle de l'État de décider quels vêtements les femmes pouvaient porter.

Jean Chrétien a aussi défendu devant les journalistes le cadre financier présenté samedi matin par les libéraux, lequel confirme qu'il y aura trois déficits consécutifs à Ottawa si le Parti libéral du Canada est élu le 19 octobre, mais plus d'investissements dans les infrastructures.

« C'est normal qu'on investisse. Emprunter de l'argent pour aller faire l'épicerie, c'est pas fameux, mais emprunter de l'argent pour s'acheter une maison, c'est normal », a-t-il illustré, avant d'ajouter que « les économistes, la Banque mondiale le disent, c'est le temps d'investir », en raison des bas taux d'intérêt.

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