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COP23 : « Le besoin d'agir urgemment est évident ».

Comment bonifier et concrétiser l'Accord de Paris sur le réchauffement climatique ? Voilà les questions centrales auxquelles s'attèlent quelque 20 000 participants de plus de 195 pays réunis depuis lundi, et jusqu'au 17 novembre, à Bonn, en Allemagne, pour la 23e conférence onusienne sur le sujet.

« Notre demande collective au monde est qu’il maintienne le cap fixé à Paris avec l’accord climat », a lancé en lever de rideau le président de la COP23, le premier ministre fidjien Voreqe « Frank » Bainimarama, après avoir salué les participants rassemblés au Centre des congrès de Bonn.

« Notre responsabilité en tant que dirigeants est de répondre à cette souffrance, nous ne devons pas décevoir nos peuples (...) Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour faire marcher l'Accord de Paris », a-t-il insisté.

Signé en décembre 2015, l’Accord de Paris vise à limiter le réchauffement climatique « bien en dessous » du seuil des 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Il a aussi fixé à plus long terme l'objectif d'un monde sans carbone entre 2050 et 2100.

Le texte prévoyait aussi de viser « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) dès que possible » après lequel les émissions déclineraient. Cet engagement est cependant insuffisant, selon les scientifiques, qui souhaitent maintenant que ce pic survienne au plus tard en 2020, d’où la nécessité pour les pays de réviser leurs ambitions.

La conférence de Bonn doit donc permettre de lancer un « dialogue » d’une année, autour des actions déjà faites ou à envisager pour y parvenir.

L’autre mission concrète de cette COP 23 consiste à avancer sur les différentes règles d’applications de l’accord – Comment les pays doivent-ils rendre compte de leurs actions? Comment effectuer un suivi pour l’aide financière que les pays riches ont promis aux pays pauvres? - ce qui s’annonce non seulement technique, mais éminemment politique.

L’année 2017, une des plus chaudes de l’histoire

Dans un bilan publié à l’occasion de la conférence de Bonn, l'agence météorologique des Nations unies a souligné lundi que l’année 2017 s’annonce comme l’une des plus chaudes de l’histoire, exception faite de celles touchées par le phénomène climatique El Niño.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) indique en fait que l'année en cours sera l'une des trois plus chaudes jamais mesurées, après 2016 et 2015, respectivement. Ces deux années ont cependant été marquées par un El Niño puissant, ce qui peut gonfler le mercure.

Selon l'OMM, les principaux indicateurs de changements climatiques - l'augmentation de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, la hausse du niveau des mers et l'acidification des océans - ne donnent aucun signe d'amélioration cette année.

L'agence onusienne conclut que la température moyenne enregistrée entre janvier-septembre a été supérieure d'environ 0,5 degré Celsius à la moyenne de 1981-2010, qui est évaluée à 14,31 degrés Celsius.

La température moyenne enregistrée entre 2013 et 2017 est quant à elle supérieure d'environ 1 degré Celsius par rapport à la moyenne de la période préindustrielle.

Une première pour l’administration Trump

La COP 23 pourrait aussi offrir un premier aperçu de ce qu’entendent faire les États-Unis, maintenant que le président Donald Trump a annoncé son retrait de l’Accord de Paris. Concrètement, Washington ne peut cependant se retirer formellement de l’accord avant 2020.

Une délégation américaine dirigée par Thomas Shannon, un diplomate qui a déjà déclaré que le changement climatique est « l’un des défis les plus importants du monde », est présente à Bonn. L’administration Trump a fait savoir qu’elle participe aux débats afin de « protéger [ses] intérêts nationaux ».

Des délégués à la conférence onusienne estiment notamment qu’il y a de vastes incertitudes concernant la manière dont les États-Unis pourraient contrebalancer l’approche pro-charbon défendue par l’administration Trump.

Vendredi, un rapport américain est venu confirmer que le réchauffement climatique est attribuable à l’activité humaine. Le rapport a été dévoilé par des scientifiques au quotidien The New York Times, alors que l'administration Trump ne l'a pas encore approuvé.

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