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Corée du Nord : nouvelle résolution en chantier à l'ONU

Les États-Unis vont soumettre un projet de résolution comportant de nouvelles sanctions parmi « les plus fortes » contre la Corée du Nord, qui fera l'objet de négociations dans les prochains jours au Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce projet passera au vote dans une semaine, a annoncé l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, au terme d'une rencontre d'urgence du Conseil tenue lundi, au lendemain de ce qui serait le sixième et plus puissant essai nucléaire de la Corée du Nord à ce jour.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, membres permanents du Conseil, de même que le Japon, sont favorables à de nouvelles sanctions contre le régime de Kim Jong-un. La Chine et la Russie n'ont pas fait connaître leur position officielle.

Devant l'accélération des tests de tir de Pyongyang, le président sud-coréen, Moon Jae-in, et le premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'étaient entendus lundi pour demander aux Nations unies de durcir les sanctions contre la Corée du Nord. Bien qu'il favorise le dialogue « pour une dénucléarisation de la péninsule coréenne » avec Pyongyang, Moon Jae-in estime aussi nécessaire d'adopter des mesures militaires.

Les États-Unis souhaitent également que l'ONU prenne « les mesures les plus fortes possibles » pour sanctionner le dernier essai nucléaire nord-coréen, a déclaré l'ambassadrice Nikki Haley. L'approche de l'ONU depuis plus de 20 ans, « malgré les meilleures intentions, n'a pas fonctionné », a-t-elle déploré.

Mme Haley a accusé le régime de Kim Jong-un de « chercher vraiment la guerre » et d'avoir « giflé » tous les membres de la communauté internationale qui lui avaient demandé de changer de cap.

En mode survie

La Corée du Nord a sans contredit démontré en fin de semaine les avancées spectaculaires de son programme nucléaire, qui progresse à un rythme préoccupant, selon Benoit Hardy-Chartrand, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Il croit que ce dernier essai est une mise en garde de Kim Jong-un adressée aux États-Unis.

En entrevue à Gravel le matin, Benoit Hardy-Chartrand a aussi évoqué d'autres objectifs de Pyongyang, dont celui de diviser les États-Unis et leurs alliés, qui auront ainsi plus de difficultés à coordonner leurs réponses et à poser des actions efficaces dans la péninsule.

L'escalade militaire lui apparaît aussi très peu probable. « Il est très difficile d'envisager une réponse militaire, un conflit à grande échelle dans la région, sans courir un risque énorme », prévient Benoit Hardy-Chartrand, à l'antenne de la Première Chaîne.

Le chercheur au Centre d'études sur la paix et la sécurité internationale de l'Université McGill, Jean-François Bélanger, abonde dans le même sens, en rappelant le coût humain trop élevé d'une telle solution.

La Corée du Nord va donc continuer, selon lui, à exposer ses capacités, en montrant qu'elle est en mesure de se défendre, pour décourager ses adversaires de l'attaquer. « C'est leur arsenal de survie », résume Jean-François Bélanger à RDI Matin.

Les deux experts estiment que les États-Unis ont les moyens de résoudre le conflit, mais qu'ils envisagent pour l'instant la solution « la moins militaire ».

D'autres sanctions à venir

La Corée du Nord fait déjà l'objet de plusieurs sanctions de l'ONU depuis 2006. La dernière résolution du Conseil de sécurité contre Pyongyang a été adoptée à l'unanimité il y a à peine un mois, à la suite de deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux.

Plus tôt, lundi, la Suisse avait annoncé être prête à agir comme médiatrice, proposant notamment de recevoir les émissaires des différentes parties pour tenir des pourparlers.

La présidente Doris Leuthard a rappelé que des militaires suisses avaient déjà été déployés dans le passé dans la zone démilitarisée à la frontière des deux Corées.

Séoul lance ses propres missiles

Selon la Corée du Sud, des signes que Pyongyang « prépare un nouveau tir de missile balistique sont détectés avec constance depuis le test de dimanche ». Séoul n’a cependant fourni aucune précision quant au moment ou à l'endroit où pourrait avoir lieu ce tir.

La Corée du Nord pourrait être parvenue à miniaturiser l'arme nucléaire et être ainsi capable d'en équiper un missile, a affirmé le ministre sud-coréen de la Défense, Song Young-moo. Maintenant, « elle pourrait être installée sur un missile balistique intercontinental », d'après lui.

L'armée sud-coréenne a de plus procédé tôt lundi à plusieurs tirs de missiles balistiques, afin de simuler une attaque contre le site d'essais nucléaires nord-coréen, et annoncé dans un communiqué le déploiement provisoire de quatre batteries supplémentaires du système antimissile américain THAAD. Ainsi, des travaux vont s'amorcer sur l'ancien parcours de golf de Seongju, au sud de Séoul, où deux batteries sont déjà en service.

Le président américain, Donald Trump, et le dirigeant sud-coréen, Moon Jae-in, se sont par ailleurs entendus « pour supprimer la limite sur la charge des missiles de la Corée du Sud » dans le but de « répondre efficacement » au tir mené dimanche par le Nord.

Une bombe trois fois plus puissante que celle d'Hiroshima

Un haut responsable du ministère sud-coréen de la Défense a soutenu, lors d'une réunion d'urgence du Parlement, que « la puissance de l'explosion de l'essai nucléaire nord-coréen est estimée à 50 kilotonnes ». En comparaison, lors de son cinquième essai nucléaire, conduit en septembre 2016, la Corée du Nord avait fait exploser une bombe de 10 kilotonnes.

Cette quantité d'énergie signifierait donc que l'essai conduit dimanche était cinq fois plus puissant que le précédent, et plus de trois fois plus puissant que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945.

Avant de conduire son nouveau test, en fin de semaine, le régime de Kim Jong-un avait affirmé qu'il avait testé une bombe H pouvant être montée sur un missile intercontinental.

Le responsable sud-coréen n'a toutefois pas confirmé qu'il s'agissait d'une bombe à hydrogène, déclarant seulement qu'« une variété de matériel nucléaire » semblait avoir été employée.

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