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Corée du Sud : des centaines de milliers de manifestants contre la présidente

Les Sud-Coréens sont descendus dans les rues de Séoul pour réclamer de nouveau la démission de la présidente, Park Geun-hye, coincée dans un scandale d'ingérence et de trafic d'influence.

Il s'agit de la plus grande manifestation depuis le début de ces rassemblements hebdomadaires dans la capitale. Les organisateurs affirment avoir regroupé 1,3 million de personnes, alors que la police estime le nombre de manifestants à 260 000.

Les autorités ont déployé 35 000 policiers, soit 10 000 de plus que lors des manifestations précédentes, pour bloquer l'accès à la Maison bleue, siège de la présidence.

« Jetez Park en prison », ont scandé les manifestants au son des tambours devant la porte de Gwanghwa.

À 20 h (6 h HE), ceux qui brandissaient des bougies les ont éteintes pour les rallumer une minute plus tard. Le geste est considéré comme un refus des manifestants de se retirer tant que la présidente n'aura pas quitté son poste.

Au cours de la soirée, des chanteurs populaires ont offert des spectacles, des moines bouddhistes ont récité un sutra et des manifestants se sont adonnés à des danses collectives.

Park Geun-hye est accusée d'avoir été sous l'emprise d'une conseillère de l'ombre, Choi Soon-sil, qui aurait profité de son amitié avec la présidente pour extorquer l'équivalent de 90 millions de dollars canadiens de compagnies sud-coréennes.

Les Sud-Coréens soupçonnent notamment le groupe Samsung d’avoir soudoyé Mme Choi afin d’obtenir le feu vert du gouvernement pour une fusion-acquisition controversée en 2015.

La population la soupçonne également de s'être ingérée dans les affaires de l'État et d'avoir accédé à des documents confidentiels, sans avoir été élue à un poste officiel.

Mme Park s'est déjà excusée pour le scandale qui tourne autour de sa confidente. Dans son discours télévisé du 4 novembre dernier, elle a reconnu, la gorge nouée par l'émotion, avoir été « négligente » envers son amie. Elle a toutefois qualifié les accusations portées contre elle de « fantasmes ».

La présidente s'était initialement dite prête à être entendue par le parquet, mais son avocat a ensuite déclaré qu'elle ne répondrait qu’à une équipe d'enquêteurs indépendants qui n’est pas encore mise en place.

Mme Choi et l'ancien conseiller présidentiel An Chong-bum ont, quant à eux, été inculpés la semaine dernière d'abus de pouvoir. Les enquêteurs estiment que la présidente a été complice.

Les sondages suggèrent que le taux d’approbation de Mme Park a chuté à 4 %, et qu’environ 90 % des Sud-Coréens jugent qu’elle devrait quitter son poste.

Un nombre croissant de politiciens soutiennent la campagne de l'opposition qui souhaite organiser un vote parlementaire sur la destitution de la présidente, dont le mandat arrive à terme en février 2018.

Pour être adoptée, la destitution doit obtenir 200 des 300 voix à l’Assemblée nationale. Les députés de l’opposition et les indépendants disposent actuellement de 171 sièges.

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