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Corruption : Laval fait appel à un ancien de la commission Charbonneau

La Ville de Laval déploie de nouveaux moyens pour tenter de récupérer « l'ensemble des sommes d'argent [...] qui ont fait l'objet de collusion, de corruption ou de détournement », selon ce qu'a annoncé le maire Marc Demers en conférence de presse mercredi.

Ainsi, après avoir exploré les domaines du génie civil et de la construction, l'administration lavalloise va maintenant se pencher sur les contrats conclus dans tous les secteurs, et ce, sur une vaste période, soit celle couvrant les vingt dernières années. Pour ce faire, Laval embauche six analystes « de haut niveau » pour les six mois à venir. Ils scruteront les démarches passées de la Ville avec ses fournisseurs de biens et de services.

Le maire Demers a rappelé que la loi 26 adoptée l'an dernier oblige son administration « à une certaine discrétion pour inciter les compagnies, les gens concernés à venir de l'avant et à collaborer ». Le programme de remboursement volontaire a été adopté par le gouvernement du Québec en novembre dernier. La date limite pour y participer est le 31 octobre prochain. 

Par ailleurs, Marc Demers n'exclut pas que la Ville entame des poursuites : « On ne ferme pas la porte, dit-il. Ça va dépendre de la qualité de la preuve disponible. »

Il affirme aussi disposer de différents « documents et témoignages et aussi du résultat de l'ensemble des mises en demeure que nous avons fait parvenir dans le cadre de nos démarches et dans le cadre de l'industrie de la construction ».

Toutes les raisons d'être optimiste

« Les premières analyses nous permettent d'être optimistes quant aux fruits qui seront récoltés », a déclaré M. Demers qui précise que non seulement des citoyens, mais aussi des employés ont attiré l'attention de son administration sur « certains dossiers ».

« Il y a une analyse qui est faite, qui va nous orienter pour pas que ce soit une partie de pêche à l'aveuglette et cette analyse-là va orienter l'équipe de Martin Comeau », a affirmé Marc Demers. M. Comeau, qui dirigera l'équipe de juricomptables, est l'ancien directeur adjoint à la recherche au sein de la commission Charbonneau.

Un budget de 380 000 $ a été dévolu pour les 6 mois que durera l'embauche des analystes. Plus de 480 000 $ avaient déjà été investis pour récupérer les sommes dues. Marc Demers a la ferme conviction que ce sera un exercice rentable et que les retombées se traduiront en millions de dollars.

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