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Couillard doit dire aux Québécois que ce qu’il a fait est mal, dit Jean-François Lisée

En cette fin de session parlementaire à l'Assemblée nationale, le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire font un bilan très critique des politiques adoptées par le gouvernement libéral.

Le Parti québécois dénonce le recours à une session extraordinaire pour l'adoption sous le bâillon du projet de loi 106 sur la politique énergétique 2030 du gouvernement de Philippe Couillard.

« Les libéraux ont franchi cette année le point de non-retour. Ils ont définitivement brisé le lien de confiance avec la population », a lancé d’entrée de jeu Jean-François Lisée.

Le chef péquiste a dénoncé une fois de plus les choix budgétaires du gouvernement, qui se sont faits au détriment des citoyens et surtout des plus démunis, a-t-il souligné, laissant entendre que Philippe Couillard devrait regretter d’avoir pris de telles décisions

Le premier ministre, face à sa responsabilité devant les citoyens du Québec, n’a jamais exprimé la moindre inquiétude, le moindre remords. […] Il n’a jamais dit qu’il aurait dû faire les choses autrement.

Jean-François Lisée

Il a également accusé le gouvernement de faire peu de cas de ce que veulent les Québécois, même si ceux-ci tentent de lui rappeler.

« Lors des élections partielles [tenues lundi dernier], les Québécois ont dit aux libéraux que ce qu’ils avaient fait était inexcusable. Ils ont sanctionné dans les quatre circonscriptions la politique générale du gouvernement [en votant en moins grand nombre pour le Parti libéral]. Sa réponse est d'imposer un bâillon pour adopter une loi pro-pétrole réprouvée dans la totalité des municiplaités du Québec », a-t-il lancé au sujet de la session extraordinaire tenue aujourd'hui dans ce but.

Après avoir accusé Philippe Couillard de n’avoir pas été « le bon serviteur des citoyens québécois », M. Lisée est cependant rapidement passé à un discours électoral, utilisant la majeure partie de son temps de parole à vanter la clarté du programme du Parti québécois et son retour à une nouvelle unité.

« En environnement, nous tournons le dos au pétrole et voulons une politique résolument verte de transition énergétique. La priorité pour nous, ce n’est pas de baisser les impôts, mais de réinvestir dans des services de qualité. On va faire en sorte que les garderies soient abordables, qu’il y ait la gratuité scolaire à l’école. On va aider les plus démunis », a-t-il détaillé.

On compte les mois [avant la prochaine élection]. Il en reste 22. On va les utiliser pour préparer une alternative au gouvernement.

Jean-François Lisée

Un gouvernement inactif

« Les projets de loi, on peut tous les mettre à la poubelle, il n’y a pas grand-chose de bon là-dedans », a déploré de son côté François Legault, en évoquant une éventuelle prorogation du Parlement. Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) met déjà le cap sur les élections générales de 2018 et présente son équipe comme celle qui peut « changer le Québec ».

M. Legault a profité de son bilan de fin de session pour déplorer « l’inaction » du gouvernement Couillard tant en éducation, qu’en santé ou en économie. Il estime que le gouvernement ne fait rien en éducation « à part changer de ministre ». « Est-ce que ça va mieux en santé? », demande-t-il. Il reproche au gouvernement de ne pas « créer des emplois de qualité » sur le plan économique.

C’est un gouvernement usé, usé, usé.

François Legault, chef de la CAQ

M. Legault propose deux priorités pour l’année qui vient : l’identité et l’économie.

Le projet de loi sur la neutralité religieuse, « c'est le vide total », a-t-il fait valoir. « Ça ne règle rien; 80 % des Québécois ne sont pas d’accord avec le projet de loi 62. » Le chef de la CAQ propose plutôt d’interdire les signes religieux aux personnes en position d’autorité, comme le suggérait la Commission Bouchard-Taylor, en ajoutant les enseignants.

La CAQ propose également de réduire le nombre d’immigrants au Québec afin de s’assurer de mieux les encadrer et de les intégrer à la société québécoise. M. Legault remet de l’avant sa proposition de faire passer des examens de français et des « tests de valeurs » pour sélectionner les immigrants reçus.

En économie, le chef de la CAQ souhaite relancer l’économie québécoise grâce à un vaste projet qu’il désigne comme « la baie James du 21e siècle ». Sans en dévoiler davantage sur ce grand chantier, il dit y travailler depuis maintenant un an.

Il veut également soulager la classe moyenne – qui peine à joindre les deux bouts, selon lui – en allégeant son fardeau fiscal.

Le chef de la CAQ aborde l’année qui vient en gardant un œil sur les élections générales de 2018. « On passe d’un mode d’opposition à un mode de gouvernement en attente », avance M. Legault.

« Je crois qu’en 2018, les Québécois vont être mûrs pour un changement, a-t-il poursuivi. La CAQ est le seul parti qui peut rassembler les nationalistes qui sont tannés de voir les libéraux à genoux devant Ottawa et les nationalistes qui ont fait leur deuil du pays imaginaire du PQ. »

Un gouvernement « autoritaire », dénonce Québec solidaire

Prenant la parole en début d'après-midi, les députés de Québec solidaire Manon Massé et Amir Khadir ont dépeint un gouvernement sourd aux préoccupations des citoyens et empêtré dans des problèmes d'intégrité.

Mme Massé a dénoncé un gouvernement « autoritaire », qui n'est « pas à l'écoute de l'opposition ni de la population ». Le bâillon imposé pour le projet de loi 106, dont le volet hydrocarbures est contesté par des maires et par de grands pans de la société civile, en témoigne.

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques a aussi fustigé le refus du gouvernement de déclencher une enquête judiciaire indépendante sur la discrimination systémique envers les peuples autochtones. Elle a aussi dénoncé plus généralement les débats publics délétères où les nouveaux arrivants et les « gens racisés » sont « négligés ou traités comme des gens de qui nous devrions avoir peur. »

Amir Khadir a pour sa part dénoncé la réaction du gouvernement aux révélations de l'émission Enquête concernant des transactions douteuses à la Société immobilière du Québec (SIQ). Les réponses du gouvernement « ressemblent étrangement » à celles que livrait le gouvernement Charest pour contester la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction.

Sur le plan économique, le député de Mercier a dénoncé « l'idéologie conservatrice du laissez-faire » que préconise à son avis le gouvernement Couillard. Il a également livré un plaidoyer pour une hausse « énergique » du salaire minimum, afin de lutter contre la pauvreté.

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