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Couillard évite les questions sur l’enquête de l’UPAC

Talonné par l'opposition à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a tenté d'esquiver les questions concernant l'enquête qu'aurait menée l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur Jean Charest, Marc Bibeau, le financement politique et l'octroi de contrats publics, dont a fait état TVA.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a demandé au premier ministre que le gouvernement entende Marc Bibeau et Jean Charest, sous serment, lors d’une commission parlementaire spéciale.

« Aujourd’hui, quel choix de question intéressant! Aujourd’hui, il y a des milliers de travailleurs et leurs familles qui se demandent de quoi leur avenir va avoir l’air. Aujourd’hui, nous sommes aux côtés des travailleurs forestiers », a rétorqué M. Couillard, en référence à l’annonce des États-Unis sur l’imposition les droits sur le bois d’œuvre.

Le premier ministre a répété que l’enquête de l’UPAC était chose du passé et que son gouvernement n’avait rien à se reprocher. Comme le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, l’avait fait un peu plus tôt, Philippe Couillard a défendu l’indépendance et l’intégrité de l’UPAC et a réitéré sa confiance envers les institutions.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a exigé que le gouvernement fasse la lumière sur tous les contrats du gouvernement octroyés à Marc Bibeau.

Jean Charest et Marc Bibeau ciblés par une enquête

Le réseau TVA affirme que l'ex-premier ministre Jean Charest et l'ancien collecteur de fonds libéral Marc Bibeau auraient été sous la loupe des enquêteurs de l'UPAC jusqu'à l'an dernier.

Cette enquête, nommée Mâchurer, se penche notamment sur le financement politique et l'octroi de contrats publics. Le commissaire de l'UPAC confirme qu'elle se poursuit.

Aucune accusation n'est portée contre les personnes concernées par cette enquête. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé à Radio-Canada qu'aucun dossier ne lui a été transmis concernant MM. Charest et Bibeau.

Jean Charest a transmis la déclaration suivante, par l'entremise de Me Gregory Larroque, de la firme McCarthy Tétreault : « Je prends acte de la déclaration du Directeur des poursuites criminelles et pénales à l'effet qu'"aucun dossier ne lui a été transmis". Je ne ferai aucun autre commentaire, si ce n'est pour réaffirmer mon innocence face aux allégations qui circulent. »

Martin Coiteux a refusé de se prononcer sur l'enquête, ne voulant pas s'immiscer dans le travail des policiers.

Il a toutefois fait part de ses préoccupations concernant la fuite d'informations dont a bénéficié TVA. Selon lui, ce « coulage » pourrait « contaminer la preuve éventuelle » et empêcher « qu'on puisse aller jusqu'au bout d'une affaire en justice ».

L'UPAC a annoncé la tenue d'une enquête interne pour identifier l'origine de la fuite de documents confidentiels qui ont mené à la diffusion de ces informations.

Lisée dénonce « l'immunité libérale »

Plus tôt dans la journée, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’est dit extrêmement frustré par cette enquête, qui, selon lui, n’aboutit pas.

« Depuis un certain temps, on se pose la question de l’immunité libérale dans notre système de justice », dit le chef péquiste.

« L’immunité libérale, est-ce que ça existe? Est-ce qu’il y a des influences, des pressions, des nominations, un système qui font en sorte que la plus grande enquête de corruption de l’histoire politique du Québec n’arrive jamais à aboutir à la tête du réseau? », s'est-il demandé.

Le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire, se demande lui aussi pourquoi la justice est si lente dans ce dossier. « J’ai commencé à poser des questions en 2010, rappelle-t-il. Sept ans plus tard, c’est un peu long pour la justice ».

M. Khadir a interpellé le premier ministre libéral Philippe Couillard.

« Les Québécois ont le droit de savoir » - Jolin-Barrette

De son côté, le porte-parole de la CAQ en matière de justice, Simon Jolin-Barrette, a interpellé, en conférence de presse, le premier ministre actuel, Philippe Couillard, pour qu’il s’explique sur les trois élus libéraux apparaissant sur un organigramme publié par le Journal de Montréal et qui proviendrait du projet Mâchurer sur le financement politique. Y apparaissent aussi les noms de MM. Bibeau et Charest, ainsi que ceux de plusieurs firmes de génie.

« Les Québécois ont le droit de savoir qui sont ces trois ministres dans le diagramme de l’UPAC. Est-ce qu’ils siègent à l’Assemblée nationale? Est-ce qu’ils siègent au cabinet? Est-ce qu’ils font partie du gouvernement Couillard?, a-t-il tonné. Le premier ministre doit répondre à ces questions-là. »

Le commissaire de l'UPAC attendu à l'Assemblée nationale la semaine prochaine

Les partis d'opposition ont l'intention de poser leurs questions au commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, le 4 mai prochain, lors de l'étude de crédits en sécurité publique à l'Assemblée nationale.

Pascal Bérubé, leader parlementaire du Parti québécois, croit toutefois qu'il sera difficile d'obtenir des réponses, outre le fait de savoir s'il y a ou non encore une enquête en cours.

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