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Couillard interpelle Ottawa, alors que les Autochtones restent sur leur faim

Le premier ministre du Québec a qualifié de cordiale et de productive la rencontre qu'il a eue à Montréal avec les chefs autochtones de l'Assemblée des Premières Nations du Québec, dans la foulée des allégations d'agressions contre les femmes autochtones à Val-d'Or impliquant certains policiers de la Sûreté du Québec.

Sur la demande d'une commission d'enquête sur les femmes autochtones et leurs relations avec les services de police, Philippe Couillard a dit attendre le gouvernement fédéral avant de songer au même exercice au Québec. Il demande cependant à Ottawa d'inclure le Québec dans le mandat de cette commission.

Le premier ministre en a profité pour rappeler au gouvernement Trudeau qu'Ottawa « s'est retiré d'une partie de son rôle de fiduciaire historique », notamment sur les territoires des Premières Nations.

Des mesures pour aider les communautés autochtones 

Appelant au calme, M. Couillard a annoncé « des investissements qui totalisent 6,1 millions de dollars » pour les communautés autochtones de Val-d'Or et a confirmé la nomination de Fannie Lafontaine, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux à l'Université Laval, comme observatrice du processus de l'enquête confiée au SPVM.

L'aide gouvernementale s'adresse entre autres au Centre d'amitié autochtone pour résorber le problème de logements. Le premier ministre a également évoqué d'autres mesures de soutien aux victimes.

Le centre de jour et de répit Chez Willie recevra une aide destinée au soutien de ses activités de même qu'au remboursement de l'hypothèque. De son côté, le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, dirigé par Mme Édith Cloutier, recevra une somme pour engager les ressources professionnelles dont il a besoin afin de maintenir la qualité des services à sa clientèle.

Et parmi les initiatives entreprises pour rétablir le lien de confiance entre policiers et Autochtones, la SQ lance une enquête interne sur son fonctionnement, en plus de réorganiser son unité de Val-d'Or.

Ce n'est pas assez, selon les chefs autochtones

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador rejoint le premier ministre du Québec sur la nécessité d'une commission fédérale. Il souligne toutefois que le Québec doit jouer son rôle.

Poli, mais ferme, M. Picard a indiqué que « plusieurs chefs sont restés sur leur appétit par rapport à une enquête indépendante sur les agissements de la Sûreté du Québec ».

« Il semble y avoir à l'intérieur de la Sûreté du Québec une culture qui s'exprime différemment lorsqu'il s'agit de nos peuples », a-t-il déclaré, relayant le sentiment de certains Autochtones.

« La situation que les femmes de Val-d'Or ont vécue, c'est quelque chose [qui] est venu beaucoup nous chercher, affirme pour sa part la chef de Kitcisakik, Adrienne Anicinapeo. Je ne veux pas qu'on remette ça juste sur une tablette après, puis qu'on retourne la page. On veut qu'il y ait des choses concrètes qui se mettent en place pour ces femmes-là, leur sécurité et également pour leurs familles et pour nos communautés également. »

« On entretient quand même de bonnes relations avec la SQ, aujourd'hui on doit continuer ça », ajoute-t-elle.

De son côté, la chef de la communauté de Lac-Simon, Salomé McKenzie, croit qu'il y a encore du travail à faire.

« Nous, en Abitibi, nous allons devoir rester là, et aussi travailler avec les gens là, d'avoir cette continuité, de trouver encore des pistes de solution. Ce n'est rien que le début, dit-elle. Ce matin, on veut regarder la sécurité de ces femmes-là, de les appuyer, puis de leur dire qu'on ne les a pas oubliées, qu'on se tient debout avec elles, de continuer ce cheminement-là, parce que c'est le début de la guérison de chaque individu, de chaque femme. »

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