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Course à la direction du NPD : un débat sous le signe du consensus

Les trois candidats présents au sixième débat de la course à la direction du Nouveau Parti démocratique fédéral, qui se tenait hier soir à Victoria, ont fait preuve de consensus à propos de plusieurs enjeux. Ils ont notamment souligné l'importance d'offrir aux électeurs une réelle option progressiste sur la scène fédérale, en opposition au gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Un texte de Nahila Bendali

Les candidats Niki Ashton, Guy Caron et Jagmeet Singh ont discuté de plusieurs enjeux lors d’un débat de 90 minutes devant une salle comble à Victoria. Le député ontarien Charlie Angus était absent de ce débat, car il était au chevet de sa sœur malade. Il s’est toutefois adressé aux militants à l'aide d'une vidéo diffusée au début du débat.

Tout au long de la soirée, les trois candidats ont présenté des positions relativement similaires, avec quelques nuances selon les enjeux. Ils avaient une minute chacun pour répondre aux questions de la modératrice. Les candidats ont également pu débattre entre eux à quelques occasions, toujours sur un ton consensuel.

Jagmeet Singh, le candidat qui a accumulé le plus de dons politiques, a été ciblé à quelques reprises par les deux autres candidats. Niki Ashton lui a notamment demandé de clarifier sa position sur le curriculum de l’éducation sexuelle en Ontario et le mariage chez les conjoints de même sexe.

« Je soutiens complètement l’éducation sexuelle », a-t-il précisé. Jagmeet Singh a ajouté qu’il aurait voulu voir le gouvernement ontarien donner de l’information sur ce cours aux communautés issues de l’immigration, dans leur langue.

Oléoducs et armement

Plusieurs questions ont touché des enjeux qui touchent particulièrement la Colombie-Britannique, comme l’accessibilité et le logement abordable, la crise des opioïdes, ou encore le consentement des Premières Nations dans des projets comme l'oléoduc Trans Mountain, de Kinder Morgan

Au sujet de ce projet, Jagmeet Singh a parlé de « trahison » de la part du gouvernement libéral, qui a approuvé le prolongement de Trans Mountain. Niki Ashton et Guy Caron ont tous les deux parlé de l’importance d’avoir le consentement des Autochtones dans ces projets d’envergure.

La seule question en français du débat a toutefois porté sur les armes canadiennes et la protection des droits de la personne. Niki Ashton dit vouloir mettre fin aux contrats d’armement comme la vente de blindés en Arabie saoudite. Elle a aussi remis en question le féminisme du premier ministre Justin Trudeau. « On n’est pas féministe quand on vend des armements à des régimes comme l’Arabie saoudite, qui s’attaquent aux femmes et aux communautés LGBTQ. »

« C’est clair que maintenant, on a un gouvernement qui ne respecte pas les droits des personnes », a ajouté Jagmeet Singh. Il veut une politique qui protège les droits de la personne, et veut s’assurer que les armes canadiennes ne soient pas vendues aux pays qui ne les respectent pas.

« Les libéraux nous ont menti à ce sujet », a souligné Guy Caron. Il a rappelé qu’il y a un processus pour évaluer l’impact de ces contrats sur les droits de la personne.

Se différencier des libéraux

Les trois candidats ont attaqué à plusieurs reprises les actions du gouvernement libéral, notamment au sujet de la réforme électorale, la consultation pour les projets de ressources naturelles, la réconciliation ou, encore, les accords de libre-échange.

« En 2019, ça va être différent de 2015. Justin Trudeau aura un bilan à défendre, et ce n’est pas un bilan très élogieux », a souligné Guy Caron en entrevue après le débat. « Lorsque nous aurons notre élection, nous aurons deux ans pour nous faire connaître et faire connaître toutes les failles du gouvernement Trudeau depuis 2015. »

« Les libéraux parlent seulement des enjeux progressistes [...] comme la réforme électorale, comme la réconciliation, on voit que les libéraux brisent leurs promesses » a affirmé Jagmeet Singh après le débat.

« Lors de la dernière élection, M. Trudeau et son Parti libéral ont mis de l’avant une vision assez progressiste, mais une fois élus, ils ont continué les politiques de Stephen Harper dans plusieurs cas, et ont brisé leurs promesses sur plusieurs enjeux principaux », a déploré Niki Ashton.

Unir les factions

Les candidats ont été questionnés sur comment ils comptaient gérer les différences entre les différents partis néo-démocrates provinciaux. C’est le cas notamment entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, alors que la première ministre albertaine Rachel Notley approuve le projet Trans Mountain de Kinder Morgan, tandis que son homologue britanno-colombien John Horgan s’y oppose.

Jagmeet Singh a mis de l’avant les valeurs qui unissent les néo-démocrates, soulignant qu’elles sont plus importantes que les enjeux qui différencient les partis. Niki Ashton est d’avis que le NPD est plus fort uni, et que malgré les différences, les factions peuvent travailler ensemble pour trouver un terrain d’entente.

Guy Caron a déploré que le parti fédéral et les partis provinciaux ne se parlent plus. « L’enjeu de Kinder Morgan était prévisible », a-t-il mentionné. Il veut revenir à des rencontres entre les différents partis, afin de discuter et trouver des terrains d’entente.

Le prochain débat aura lieu à Montréal le 27 août. Il y aura un dernier débat à Vancouver le 10 septembre. Les membres commenceront à voter en septembre et le chef sera connu au plus tard le 15 octobre.

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