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Course au PQ : l'écart se resserre, le ton durcit

Les échanges entre les candidats à la direction du Parti québécois ont été encore plus vifs, jeudi, au moment où un sondage montre que Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier sont au coude à coude. Martine Ouellet en a profité pour décocher des flèches à l'endroit de ses adversaires. Ell juge que le caucus est devenu « électoral » avec la course.

Un nouveau sondage CROP-La Presse révèle que Jean-François Lisée a rattrapé Alexandre Cloutier dans le choix des électeurs du Parti québécois. Sous sa gouverne, le PQ recueillerait 31 % des intentions de vote, contre 27 % si Alexandre Cloutier était chef.

Jean-François Lisée y voit la preuve que les Québécois ne veulent pas de référendum dans un premier mandat.

« Le vrai défi, c'était d'avoir le cran de le dire aux membres du PQ. Et le pari que j'ai fait, c'est celui de la maturité, de la lucidité », a-t-il dit, en matinée, à Québec.

Cloutier continue de travailler

Lors d'un point de presse à Québec, Alexandre Cloutier a reconnu que les intentions de vote des militants avaient changé, alors qu'il estimait il y a 10 jours que leur choix était fait.

M. Cloutier a déclaré qu'il était pénalisé par sa position plus modérée que celle de son adversaire, au terme d'une semaine marquée par une controverse suscitée par M. Lisée sur le thème de la laïcité.

« Je propose des choix aux militants du PQ qui vont amener du changement. Je fais de la politique par conviction, sans amalgame, sans raccourci, en répondant franchement aux questions des gens. Il y a un prix à payer pour ça. Mais je parle vrai, je suis vrai et c'est de ça dont les Québécois ont besoin », a-t-il dit.

M. Cloutier a présenté un nouvel appui, le député de Gaspé Gaétan Lelièvre, qui avait jusqu'ici fait le choix de demeurer neutre dans la course.

Martine Ouellet parle d'un caucus « électoral »

Alexandre Cloutier s'est aussi porté à la défense de Martine Ouellet qui, dit-il, a été menacée « d'expulsion » par Jean-François Lisée lors d'une réunion du caucus si elle n'améliorait pas son esprit d'équipe, comme le rapportait jeudi le quotidien La Presse.

« C'est une menace d'expulsion comme députée. C'est ce qui m'a été rapporté et c'est ce dont j'ai discuté avec Mme Ouellet », a dit le candidat Cloutier.

Dans un point de presse qui suivait celui de M. Cloutier, Martine Ouellet a soutenu que cette affirmation était fausse, et que M. Cloutier déformait ses propos.

« Des conversations privées en principe devraient rester privées, a-t-elle dit. Ce n'est pas ce que j'ai dit. S'il déforme mes propos pour parler aux journalistes, ça lui appartient. »

Mme Ouellet a expliqué que les rivalités reliées à la course à la direction étaient maintenant à l'oeuvre dans le caucus péquiste, ce qui n'avait pas été le cas durant la précédente course qui a mené à l'élection de Pierre Karl Péladeau.

« Le caucus est rendu "électoral" pour la course à la chefferie. Il y a toutes sortes de positionnements, de manoeuvres, d'utilisation du caucus pour favoriser ou défavoriser l'un ou l'autre des candidats. Il faut analyser ce qui sort du caucus à cette lumière-là », dit-elle.

Plus tôt cette semaine, Mme Ouellet avait accusé le chef intérimaire Sylvain Gaudreault de s'être ingéré dans la course en la rappelant à l'ordre lors d'un caucus. Elle avait aussi critiqué le chef après avoir été exclue d'une publicité du parti.

M. Lisée s'est quant à lui défendu d'avoir menacé son adversaire d'exclusion.

« Évidemment, non, a-t-il dit. Le sens de mon intervention, c'est de lui dire : "Martine, il faut que tu fasses partie de l'équipe. Tu es très précieuse, tu connais plein de choses, je veux que tu fasses partie de l'équipe. Si je devais être chef, je veux que tu fasses partie de mon équipe, si je suis au gouvernement je veux que tu sois au gouvernement." »

Avec les informations de Hugo Lavallée

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