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CPE et garderies privées : pas assez d'enfants mais toujours plus de places

Le nombre de places disponibles dans les garderies publiques et privées n'a pas arrêté d'augmenter depuis plus d'une décennie, pourtant des représentants du secteur affirment que le nombre de places vides atteint désormais des niveaux sans précédent.

Un article de Bahador Zabihiyan

Sylvie Bouthillette, la directrice du CPE Fleur de macadam, à Montréal, passe la moitié de son temps au téléphone ces derniers jours. Elle essaye de convaincre les parents d'inscrire ses enfants chez elle. Une situation inédite, selon Mme Bouthillette, qui travaille dans ce secteur depuis 36 ans.

Son CPE peut accueillir 104 enfants, mais il y a aujourd'hui 10 places vacantes. Cela risque d'avoir des conséquences sur les services offerts, car une place non comblée signifie une diminution de la subvention que reçoit le CPE.

Déjà, elle a dû éliminer l'équivalent de trois postes sur les 25 employés de sa garderie.

Cette situation est la conséquence des crédits d'impôt accordés par Québec aux parents qui inscrivent leur enfant dans les garderies privées, selon cette directrice de CPE.

« Certains parents trouvent plus avantageux de fréquenter ces établissements avec les crédits d'impôt qu'on reçoit, tandis qu'avec les CPE, avec la venue de la modulation des tarifs, les parents peuvent évidemment faire un choix », affirme Sylvie Bouthillette.

Le président du Regroupement des centres de la petite enfance de l'île de Montréal, Robert Racine, abonde dans ce sens, même s'il n'a pas de chiffres précis.

« Dépendamment du milieu, du positionnement géographique, c'est quelque chose qui est vécu de façon assez générale à Montréal », dit-il.

Même son de cloche du côté des garderies privées subventionnées. « L'an passé, ça a commencé et c'est de pire en pire. On a beaucoup de misère », affirme son président, Samir Alahmad, le président de l'Association des garderies privées du Québec.

Le Regroupement des centres de la petite enfance de l'île de Montréal et l'association représentant les garderies subventionnées affirment que 5 à 10 pour cent des places sont vacantes.

L'Alliance québécoise des garderies non subventionnées estime de son côté que le taux d'inoccupation est de plus de 25 pour cent.

Toujours plus de places

Pourtant, le nombre de places dans les CPE, les garderies subventionnées et non subventionnées ainsi que les garderies en milieu familial n'a cessé d'augmenter ces treize dernière années.

Impossible d'avoir un chiffre actuel pour le taux d'occupation des garderies, dit le ministère de la Famille. Les chiffres les plus récents datent de l'exercice financier 2014-2015.

Avec les informations de Marie-France Bélanger et de Louis de Belleval

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