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Crainte, menaces et indignation après le tir de missile nord-coréen

Au lendemain d'un nouveau tir d'un missile balistique par la Corée du Nord, qui a été vivement condamné par l'ONU, l'escalade verbale monte d'un cran entre Washington et Pyongyang. Le missile a parcouru 3700 kilomètres avant de s'abîmer dans le Pacifique. Ni la condamnation du Conseil de sécurité ni les menaces de Washington n'ont permis de ramener Kim Jong-un à de meilleurs sentiments.

Cité par son agence de presse officielle KCNA, le leader nord-coréen en a rajouté en laissant entendre que son pays était proche d'avoir l'arme nucléaire.

« Nous devons clairement montrer à ces grandes puissances nationalistes comment notre pays a atteint son objectif de disposer de l'arme nucléaire, et ce, malgré leurs sanctions illimitées et leur blocus », a ajouté Kim Jong-un.

À l'issue d'une réunion d'urgence vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné « fermement » le plus récent tir nord-coréen, le jugeant « hautement provocateur ».

Le Conseil de sécurité parle d'« actes scandaleux » et demande à la Corée du Nord « de les arrêter immédiatement ».

Dans une déclaration, l'instance onusienne affirme que « ces actions ne sont pas seulement une menace pour la région, mais aussi pour tous les États membres de l'ONU ».

La patience des États-Unis mise à rude épreuve

La Maison-Blanche a annoncé que le président américain Donald Trump doit rencontrer les dirigeants de la Corée du Sud et du Japon en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York pour évoquer la menace « dangereuse » et « urgente » de Pyongyang.

Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde la Corée du Nord, assurant que les États-Unis disposaient de « puissantes » options militaires pour répondre à la poursuite de son programme nucléaire et balistique.

Donald Trump a également déploré que le régime de Kim Jong-un ait « une nouvelle fois montré son mépris pour ses voisins et pour la communauté internationale dans son ensemble ».

Son conseiller à la sécurité nationale, Herbert McMaster, a également haussé le ton : « Que ceux [...] qui parlent de l'absence d'option militaire sachent qu'il y a une option militaire ».

Un missile qui peut atteindre les intérêts américains

Selon Séoul, le missile en question a été tiré depuis Sunan, le quartier de Pyongyang où se trouve l’aéroport international de la capitale nord-coréenne. Il a atteint une altitude maximale de 770 km avant de sombrer dans le Pacifique.

Le secrétaire général du gouvernement sud-coréen, Yoshihide Suga, a précisé que le missile a survolé l’île japonaise d'Hokkaido avant de s’abîmer 2000 km à l’est des côtes nipponnes. Il s’est trouvé dans l’espace aérien japonais pendant deux minutes, peu après 7 h, heure locale.

Le Commandement des opérations militaires américaines dans le Pacifique a indiqué qu’il s’agissait d’un missile à portée intermédiaire, et non d’un missile intercontinental, comme ceux que Pyongyang a tirés à deux reprises au mois de juillet. Il n'a présenté une menace ni pour le territoire continental américain ni pour l'île de Guam.

Le missile, le deuxième à survoler le Japon en moins d'un mois, a été lancé moins d’une semaine après que le Conseil de sécurité des Nations unies eut adopté une huitième série de sanctions contre le régime de Kim Jong-un pour le contraindre à renoncer à ses ambitions balistiques et nucléaires.

« C'est une portée qui permet de toucher Guam », qui se trouve à 3400 km de la Corée du Nord, a précisé le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera, lors d'une conférence de presse, vendredi, à Tokyo.

C'est le « plus long vol d'un de leurs missiles balistiques », a commenté sur Twitter Joseph Demsey, de l'Institut international des études stratégiques. Cela « montre clairement que la Corée du Nord dispose de la portée suffisante – mais pas forcément de la précision – pour mettre en application le projet Guam ».

David Wright, de l’association Union of Concerned Scientists, abonde dans le même sens. « La Corée du Nord a fait la démonstration qu’elle pouvait atteindre Guam avec un de ses missiles, même si sa charge n’est pas connue », a-t-il soutenu.

Séoul a répliqué par des exercices de tirs de missiles Hyunmu en mer du Japon, selon le ministère de la Défense. Un engin a parcouru 250 km, soit une distance suffisante pour atteindre en théorie le site de lancement de Sunan. Un second tir a échoué peu après le lancement.

Le président sud-coréen Moon Jae-in, réputé ouvert à des pourparlers avec son voisin du Nord, a déclaré au conseil de sécurité nationale que le dialogue avec le Nord était « impossible dans une telle situation ». Il a ajouté que Séoul avait la capacité d'anéantir son voisin.

Le gouvernement sud-coréen doit déterminer la semaine prochaine si elle va fournir 8 millions de dollars d'aide humanitaire au Nord.

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