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Création d'un nouveau poste de police à Val-d'Or : le directeur général de la SQ s'explique

Conclusion d'un projet pilote

En novembre 2015, suite à la diffusion du reportage de l'émission Enquête faisant état d'allégations d'abus de la part de policiers de Val-d'Or sur des femmes autochtones, différentes mesures ont été prises par la Sûreté du Québec. Des intervenants communautaires ont été jumelés à des policiers dans le cadre d'un projet pilote qui, à terme, prévoyait l'installation de caméra dans les autopatrouilles et sur les policiers. Ces initiatives ont amené leur lot de conclusions.

« Avec les événements et la réflexion qu'on a faite, on annonce aujourd'hui le 120e poste de la Sûreté du Québec », déclare M. Prud'homme. « Il sera situé au centre-ville de Val-d'Or et sera composé de policiers de la Sûrté du Québec, bien entendu, de volontaires. Il sera composé de policiers qui proviennent d'organisations policières du milieu autochtone. Il sera également composé de membres civiles dont des intervenants du milieu communautaires et d'autres différents intervenants », explique-t-il.

Un poste de police « sur mesure », une première au Québec

Martin Prud'homme, souligne à gros traits que ce poste sera dirigé en mode cogestion par un officier de police responsable du poste et un adjoint qui, lui, sera issu du milieu communautaire. « Pour nous, c'est une première à la Sûreté, c'est du jamais vu », commente-t-il. « Sa principale tâche sera de faire de la police communautaire. C'est quoi de la police communautaire? C'est de s'occuper de nos gens. On a des gens ici qui ont besoin d'aide, des gens qui ont des problèmes d'itinérance, des problèmes d'alcool, des problèmes de drogue. »

Ce que je veux, c'est un poste de police fait sur mesure.

Martin Prud'homme

Ainsi, le directeur général souhaite éviter de laisser des tensions se construire à la suite d'interventions répétées autour des mêmes personnes ou mêmes situations problématiques.

Racisme systémique?

Un nouveau poste de police pourra-t-il vraiment aider à combattre un problème de « racisme systémique », tel qu'il est décrit dans le rapport de Fannie Lafontaine, observatrice indépendante qui s'est penchée sur l'enquête du SPVM sur les événements de Val-d'Or? M. Prud'homme ne croit pas que le problème se situe à l'égard du racisme. « J'ai entendu la même chose que vous et j'ai eu les mêmes préoccupations que vous. Je pense que le temps a apporté des tensions : lorsqu'on intervient avec les mêmes gens, sur les mêmes personnes à répétition [...] ça se peut qu'il y ait des problématiques de relations interpersonnelles. Je ne pense pas que le problème soit majeur, au contraire, mais je pense que j'ai le devoir de prendre ça au sérieux, j'ai le devoir de prendre ça au sérieux. J'ai le devoir de prendre les moyens pour rétablir les liens de confiance.

Je connais plusieurs de mes policiers et policières et je ne détecte pas à travers eux du racisme, mais je détecte par contre des problématiques de tensions pour différentes raisons.

Martin Prud'homme

Des policiers de Val-d'Or disent avoir été « sacrifiés »

En entrevue à l'émission J.E. de TVA, un policier et une policière faisant partie des huit qui ont été visés par des allégations ont déclaré avoir été « sacrifiés pour une game politique » dans cette histoire. Le directeur général de la SQ réfute cette idée. « J'ai dû retirer - je n'ai pas suspendu - j'ai retiré les huit policiers, sept policiers, une policière parce qu'il y avait une situation particulière. Il y avait une question de lien de confiance avec la population [...] Moi, à la Sûreté du Québec, je ne les ai pas sacrifiés. J'ai trouvé ça difficile de prendre la décision », admet-il toutefois.

Pour moi, j'ai pris la meilleure décision pour la population et pour mes policiers et mes policières.

Martin Prud'homme

Écoutez l'entrevue complète avec Martin Prud'homme, directeur général de la Sûreté du Québec, à l'émission Région zéro d'ICI Abitibi-Témiscamingue à 16h10.

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