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Cri du cœur pour l’aide aux victimes d’agressions sexuelles

Des organismes québécois de soutien aux victimes d'agressions à caractère sexuel lancent un cri du cœur pour réclamer davantage de financement afin de répondre à la hausse des demandes d'aide.

L'organisme La Traversée, qui a sonné l'alarme jeudi, soutient qu'en l'absence d'un financement adéquat, il est de plus en plus difficile de traiter les victimes dans des délais raisonnables.

L’organisation de Saint-Lambert située sur la Rive-Sud offre des services de psychothérapie gratuits aux femmes, aux adolescents et aux enfants victimes d'agression à caractère sexuel.

Depuis deux ans, elle est confrontée à une augmentation des demandes d'aide et admet qu'il est de plus en plus difficile d'évaluer, de soutenir, d'accompagner les victimes immédiatement après leur demande d'aide.

Ces victimes se retrouvent trop souvent et trop longtemps sur une liste d'attente, selon le directeur général de La Traversée, Pierre Ménard.

À l'heure actuelle, nous avons près de 50 dossiers de femmes en attente et près de 30 dossiers d’adolescents et d’enfants.

Pierre Ménard, directeur général de La Traversée

Pierre Ménard affime que cette situation se traduit par une attente de près de huit mois pour les femmes et six mois pour les adolescents et enfants avant de démarrer une thérapie.

Une situation qui est intenable pour le directeur général qui demande au gouvernement, aux entreprises ou à des donateurs d'aider financièrement l'organisme afin de lui permettre de venir en aide plus rapidement aux victimes d’agressions à caractère sexuel.

La nouvelle porte-parole de l’organisme, Marie-Claude Barrette, aussi animatrice de télévision, parle du drame réservé aux gens qui se retrouvent seuls et sans aide pendant un certain temps après avoir dénoncé leur agresseur.

On encourage la dénonciation et ça il faut le faire, mais ça ne peut pas juste être des encouragements. Si on encourage la dénonciation, il faut du soutien pour les victimes. Parce que ce n’est pas vrai qu'en dénonçant, on est guéri.

Marie-Claude Barrette, porte-parole de l’organisme La Traversée

L’organisme estime à un demi-million de dollars l’aide nécessaire pour réduire de moitié l'attente actuelle avant de démarrer une thérapie. Ces 500 000 dollars n'élimineraient toutefois pas l'attente complètement.

Les responsables considèrent que les subventions qu’ils reçoivent du gouvernement québécois sont insuffisantes pour leur permettre de remplir adéquatement la mission.

Une mission essentielle, selon Marie Karina Dimitri, une victime qui a eu recours aux services de La Traversée il y a quelques années lorsqu'elle a choisi de dénoncer des agressions dont elle avait été victime au cours de son enfance.

Moi, mon cri du cœur il est là. Sans eux, je ne serais pas ici. Ils sont intervenus de manière tellement efficace et rapidement. [...] En ce moment, quand les victimes sont prêtes et appellent, il n’y a personne pour les accueillir et les aider. Elles doivent attendre des mois avant d’avoir du soutien.

Marie Karina Dimitri, une victime

La Traversée n’est pas le seul organisme touché par une hausse des demandes d’aide. Les membres du Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) affirment aussi avoir besoin d'un financement gouvernemental plus important pour les mêmes raisons, selon l'agente de liaison pour le RQCALACS, Mélanie Sarroino.

C’est clair depuis deux ans avec tous les cas médiatisés, dont Jian Gomeshi [et] agression non dénoncée, à beaucoup d’endroits, on remarque une augmentation des demandes de soutien. Et absolument partout, on constate une augmentation de demandes de sensibilisation des universités entre autres.

Mélanie Sarroino, agente de liaison pour le RQCALACS

Le Regroupement a mené une enquête auprès de ses organisations membres pour connaitre l'écart entre le financement nécessaire et le financement accordé. Les organismes ont répondu qu'en 2013-2014, un peu avant la hausse des demandes, cet écart était de 5 millions de dollars pour un peu plus de 25 organisations.

Avec les informations de Dorothée Giroux

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