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Crise de suicides : le manque d'investissements montré du doigt

Le problème des suicides dans les communautés autochtones existe depuis plusieurs années et bien peu de choses ont changé en 20 ans pour régler le problème, déplore une chercheuse de l'Université de la Saskatchewan.

Les communautés de La Ronge et de Stanley Mission, dans le nord de la Saskatchewan, sont secouées après le suicide de trois adolescentes en moins d'une semaine.

Caroline Tait, qui fait une revue historique des retombées du rapport de la Commission royale sur le suicide chez les Autochtones, publié en 1995, estime que plusieurs des recommandations proposées à ce moment-là sont encore d'actualité.

La professeure souligne que les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation sont très similaires à cet égard, 20 ans plus tard.

Selon la chercheuse, des études tendent à démontrer que la santé est souvent déterminante dans les cas de suicide. Elle croit que les conditions sanitaires difficiles dans ces communautés sont liées aux politiques colonialistes, selon elle, du fédéral.

Le manque de financement d'Ottawa depuis plusieurs années fait en sorte qu'on se retrouve dans cette situation, d'après Mme Tait.

Il faut investir immédiatement dans ces communautés autochtones pour prévenir les suicides, insiste pour sa part le vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), Bob Merasty.

M. Merasty croit qu'il vaut mieux être proactif et agir en amont pour aider les communautés aux prises avec des problèmes de suicide.

Il demande des investissements afin que ces communautés trouvent leurs propres solutions. Bob Merasty ne veut pas d'une nouvelle étude, ou d'une stratégie excluant les Premières Nations.

Le vice-chef a offert ses condoléances aux personnes en deuil au nom de la FSIN. Il veut que les jeunes sachent qu'ils sont aimés et qu'ils doivent parler pour éviter d'autres drames.

La province confirme qu'un centre d'opérations d'urgence a été mis en place pour coordonner les efforts des différentes agences, afin de soutenir les communautés endeuillées. Elle mentionne que des travailleurs en santé mentale seront présents à Stanley Mission en fin de semaine pour venir aux jeunes considérés comme à haut risque.

Santé Canada offre également un soutien financier aux psychologues qui se rendent dans ces communautés.

Des enseignants et des parents suivent aussi des formations pour prévenir le suicide, précise la chef de la Bande indienne de Lac La Ronge, Tammy Cook-Searson.

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