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Crise des migrants : le Liban interpelle les pays arabes

Le Liban invite les pays arabes à faire preuve de générosité envers les Syriens qui fuient la guerre en les accueillant en grand nombre.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a fait remarquer que la plupart des 4 millions de réfugiés syriens se concentrent notamment dans quatre pays voisins de la Syrie, dont le Liban, un petit pays qui en a accueilli 1,1 million.

D'après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il y a également 1,9 million de réfugiés syriens en Turquie, 629 000 en Jordanie, 250 000 en Irak, 132 000 en Égypte et 24 000 en Afrique du Nord.

Près d'un demi-million de Syriens sont aussi arrivés depuis le début de l'année sur le territoire de l'Union européenne.

Les pays arabes du Golfe, pourtant riches, n'en ont pas accueilli.

Partager le fardeau

Le chef de la diplomatie libanaise estime que « tous ceux qui sont concernés par le conflit en Syrie, pays européens, occidentaux ou arabes, doivent partager le fardeau, et pas seulement financièrement [...] Il est de la responsabilité de tous les pays arabes de partager ce fardeau ».

Il a ajouté que le Liban devrait inciter les Syriens à retourner dans les secteurs de leur pays qui sont « sûrs », « sans les forcer », a-t-il précisé.

L'Europe divisée sur l'accueil des migrants

L'appel du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l'« audace » et à « l'humanité » des membres de l'Union européenne (UE) a eu des échos dissonants.

Des signes de tension sont apparus notamment en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, mais aussi au Danemark, en Autriche et en Macédoine, alors que les migrants affluent toujours en grand nombre aux portes de l'Europe.

L'Autriche a suspendu ses liaisons ferroviaires avec la Hongrie en raison de la « congestion massive » de son réseau face à l'afflux de migrants désireux de se rendre en Allemagne.

L'intention de Budapest de déployer l'armée pour fermer hermétiquement sa frontière avec la Serbie incite les candidats à l'exil à accélérer le pas à travers les Balkans avant qu'il ne soit trop tard.

Pour sa part, la Hongrie refuse de mettre en place à sa frontière les « zones de transit » qui devaient accueillir tous les migrants en attendant l'étude accélérée de leur dossier. La Macédoine compte faire de même pour stopper l'arrivée de migrants en transit, principalement en provenance de Grèce.

De son côté, le président roumain, Klaus Iohannis, rejette le système de quotas proposé par M. Juncker pour répartir dès la semaine prochaine 160 000 migrants déjà présents sur le sol européen. Le premier ministre slovaque, Robert Fico, lui a emboîté le pas.

Le Danemark n'est pas en reste. Les autorités de ce pays bloquent les trains pour tenter de freiner l'afflux de de nouveaux migrants qui désirent se rendre en Suède, prête à les accueillir.

L'Allemagne demeure le pays le plus accueillant pour les migrants. Il en a reçu 450 000 depuis le début de l'année, dont 37 000 pour la seule première semaine de septembre. Berlin s'attend à accueillir 800 000 demandeurs d'asile en 2015, soit quatre fois plus que l'année précédente.

Pour leur part, les États-Unis comptent recevoir 10 000 migrants syriens l'année à venir. 

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