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Crise des opioïdes : des experts proposent un cadre pancanadien

Un groupe d'experts canadiens a publié aujourd'hui de nouvelles lignes directrices pour améliorer les traitements de la dépendance aux opioïdes. Parmi les recommandations : l'abandon graduel de la méthadone, très populaire actuellement, au profit de la buprénorphine-naloxone.

Les recommandations, mises sur pied à la suite d'une vaste étude réalisée à l’échelle du pays, ont été publiées lundi dans le Canadian Medical Association Journal. Les experts espèrent qu’elles aideront les provinces à développer leur propre plan d’action pour affronter la crise qui les frappe.

« Les ressources pour le traitement de la dépendance aux opioïdes sont rares et jusqu’à maintenant, nous n’avions pas de lignes directrices d’envergure nationale portant sur les pratiques exemplaires et les pratiques à éviter », indique Evan Wood, auteur principal et directeur du BC Center on Substance, de l’Université de la Colombie-Britannique.

« En encourageant les médecins à travailler de concert avec leurs patients afin d’identifier l’approche la plus sûre et la plus efficace dès le départ, ces nouvelles lignes directrices nous assurent que la science et les données probantes sont mises au service de soins optimaux pour ces personnes », ajoute Julie Bruneau.

Le guide, élaboré par 43 professionnels de la santé, suggère notamment d’initier les traitements en priorité avec la buprénorphine-naloxone, parce qu’elle présente peu d’effets secondaires.

« La buprénorphine […] est moins toxique lorsqu'elle est prise de façon inappropriée [sans supervision médicale] et donc est plus sécuritaire », explique Julie Bruneau, médecin et chercheuse au Centre Hospitalier Universitaire de Montréal.

En plus de l’usage de ce médicament, les professionnels réclament un meilleur accompagnement des patients.

« L'accompagnement psychosocial devrait être offert à tous les patients, mais ne devrait pas être une condition obligatoire pour leur donner un médicament », précise Mme Bruneau.

Les experts soulignent que la gestion de la crise des opioïdes passe aussi par une bonification des formations offertes aux professionnels de la santé. Ces derniers sont en effet prompts à prescrire aux patients des opioïdes, au détriment d’autres types d’avenues pour soulager la douleur chronique tels que le recours aux relaxants musculaires ou encore les soins offerts par des physiothérapeutes ou des ergothérapeutes.

Selon les premières estimations, environ 4000 Canadiens seraient morts d'une surdose en 2017. C'est 1200 décès de plus qu'en 2016.

D’après le reportage de Vincent Resseguier

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