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Crise des réfugiés : les Africains sont-ils les grands oubliés?

La venue des réfugiés syriens au Canada a repoussé de façon significative les demandes des réfugiés en provenance d'Afrique, dénonce une association d'aide aux nouveaux arrivants de la Colombie-Britannique.

« Le Canada a bien servi les Syriens, mais a oublié l'Afrique », s'indigne Paul Mulangu, le directeur du Centre d'intégration pour immigrants africains (CIIA) situé à New Westminster.

Un texte de Geneviève Milord

Le centre d'aide reçoit en moyenne cinq nouvelles familles par mois depuis son ouverture en 2014, mais depuis l'annonce du plan d'accueil des 25 000 Syriens par le gouvernement Trudeau en novembre, aucun réfugié francophone ne s'est présenté, raconte Paul Mulango.

Le dernier groupe de réfugiés francophones à avoir sollicité les services du CIIA, une famille de six en provenance de l'Ouganda, est arrivé le 30 octobre 2015.

Le CIIA est en contact avec des camps de réfugiés en Afrique et selon son directeur « plusieurs y ont reçu leur statut de réfugié de la part du Canada, mais n'ont pas encore été invités à venir ». Il conclut que « le Canada a barré l'Afrique pour desservir les Syriens ».

Le directeur du CIIA rappelle qu'il y a plusieurs conflits en Afrique qui menacent la vie des populations. Le plus important est, selon lui, celui au Congo où l'extraction et la vente en contrebande du coltan, un minerai qui entre dans la fabrication des téléphones, ont fait des millions de morts.

Germain Tanoh qui travaille au sein du Programme d'immigration francophone de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) croit que ceux qui accueillent les réfugiés francophones en Colombie-Britannique doivent tirer une leçon de l'initiative du gouvernement fédéral, « pour qu'on fasse quelque chose de spécifique pour les communautés de réfugiés francophones », dit-il.

Il souhaite que le gouvernement fédéral change de cap maintenant qu'il a atteint son objectif avec les Syriens pour aider « les réfugiés de l'Afrique, de l'Iraq et de l'Asie parce que le Canada est connu comme une nation qui accueille tout le monde », ajoute Germain Tanoh.

Les portes canadiennes ouvertes à tous dit Ottawa

Le gouvernement fédéral a rétorqué par courriel que son engagement à faire venir des réfugiés syriens au pays se poursuivra en 2016, mais insiste que « nous n'avons jamais cessé de traiter les demandes d'autres populations de réfugiés », écrit Faith St-John au nom du ministère de l'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Selon des statistiques fournies par le ministère, 220 réfugiés d'expression française en provenance de la République démocratique du Congo ont été accueillis en 2015.

Toutefois, selon ces mêmes chiffres, aucun réfugié francophone parrainé par le gouvernement fédéral n'est venu s'installer en Colombie-Britannique depuis janvier 2015.

Le gouvernement canadien ajoute que mis à part les efforts de réinstallation pour les réfugiés syriens, « le Canada va continuer à honorer plusieurs engagements pluriannuels d'accueil de réfugiés », dont les suivants :

  • 900 Colombiens d'ici la fin de 2016;
  • 5 000 réfugiés pris en charge par le gouvernement, principalement des Iraqiens, des Iraniens et des Syriens, d'ici la fin de 2017;
  • 2 500 Congolais d'ici la fin de 2017;
  • 4 000 Érythréens d'ici la fin de 2018.

Des Syriens dans la francophonie de l'Ouest?

La FFCB avait approché l'organisme Immigrant Services Society (ISS), responsable de l'accueil des réfugiés syriens en Colombie-Britannique, pour apporter un soutien aux Syriens francophones ou francophiles, mais aucun ne s'est manifesté.

« Je crois que c'est à nous d'aller vers les réfugiés syriens », croit Germain Tanoh qui dit diffuser abondamment son invitation à la journée d'accueil des nouveaux arrivants francophones le 19 mars.

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