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Crise des Rohingyas : première visite d’Aung San Suu Kyi dans l’État de Rakhine

La dirigeante birmane, Aung San Suu Kyi, s'est rendue pour la première fois jeudi dans l'ouest du Myanmar où l'armée a lancé à la fin août une violente campagne de répression qui a engendré l'exode de 600 000 musulmans rohingyas vers le Bangladesh.

Aung San Suu Kyi, qui n’avait pas annoncé sa visite dans l’État de Rakhine, s’est notamment rendue à Sittwe et doit aussi visiter les villes de Maungdaw et de Buthidaung, selon un porte-parole du gouvernement birman.

Ces villes sont situées dans deux districts du nord de l’État de Rakhine, où l’ONU accuse l’armée birmane de mener une campagne d’épuration ethnique contre la minorité rohingyas, dont la majorité des villages ont été brûlés et vidés de leurs habitants.

C'est la première fois que la lauréate du prix Nobel de la paix de 1991, arrivée au pouvoir en avril 2016, se rend dans la région depuis le début du conflit.

Son gouvernement, qui évolue dans l’ombre de l’armée, se défend de mener une campagne d’épuration ethnique et affirme que cet exode est dû à une contre-offensive de l'armée birmane à la suite d’une série d’attaques menées par des insurgés rohingyas, le 25 août dernier.

Manque d'empathie envers les rohingyas

Aung San Suu Kyi, qui est reconnue internationalement comme une figure de proue relativement à la lutte pour les droits humains et la liberté, est très critiquée face à son manque d'empathie envers les Rohingyas, considérés comme une des minorités les plus persécutées du monde.

Au début de septembre, elle avait estimé pendant une conversation avec le président turc Recep Tayyip Erdogan que la compassion internationale à l’égard de ces derniers était le résultat d'une vaste campagne de désinformation.

Il faut dire que Mme Suu Kyi doit composer avec un gouvernement très influencé par les pouvoirs militaires et une population bouddhiste à 90 %, nationaliste et réputée antimusulmane.

Depuis la fin d'août, les Nations unies réclament sans succès l’arrêt de la répression contre les populations rohingyas et un accès à l’État de Rakhine pour y acheminer de l’aide humanitaire.

Au Bangladesh, l’arrivée de 600 000 réfugiés en un peu plus de deux mois a ébranlé la population et les autorités de ce pays, déjà considéré comme pauvre.

Malgré les efforts des Bangladais pour accueillir, nourrir et soigner ces centaines de milliers de personnes, l’ONU et les ONG présentes sur le terrain redoutent une catastrophe sanitaire et humanitaire dans les camps surpeuplés.

Le Bangladesh accueille maintenant environ 800 000 réfugiés rohingyas, en incluant ceux qui avaient fui le Myanmar avant.

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