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Crise du verglas : deux morts, l'armée pourrait être appelée en renfort

La crise du verglas a fait au moins deux victimes au Nouveau-Brunswick. Les deux personnes sont mortes à la suite d'une intoxication au monoxyde de carbone, d'après des rapports préliminaires. Deux autres sont soignées également après une intoxication. La province n'exclut pas la possibilité de demander l'aide des Forces armées canadiennes.

En point de presse, Brian Gallant a annoncé que la province était en pourparlers avec le gouvernement fédéral pour savoir si l'armée pourrait être appelée en renfort. Les discussions sont en cours, mais le premier ministre a toutefois tenu à rappeler qu'à l'heure actuelle la priorité est de rétablir l'électricité et de venir en aide à la population.

L'état d'urgence déclaré dans trois municipalités

La tempête de pluie verglaçante a frappé si fort dans la Péninsule acadienne que les municipalités de Tracadie, de Lamèque et de Shippagan ont décrété l'état d'urgence vendredi.

Le maire de Tracadie, Denis Losier, explique que cette démarche, si elle est acceptée par le gouvernement provincial, fera en sorte que les secours dans sa localité seront pris en charge par une équipe provinciale.

L'ampleur des dommages sur le vaste territoire de la municipalité est telle, selon lui, que les autorités municipales sont débordées, surtout dans les anciens districts de services locaux (DSL), en milieu rural, qui ont été fusionnés à Tracadie. Il y a 12 000 habitants dans ces anciens DSL, sur les 16 000 que compte Tracadie.

On a des poteaux qui sont tombés, des routes qui sont bloquées... Donc, les gens ne peuvent ni entrer ni sortir, ils n’ont pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité.

Denis Losier, maire de Tracadie

« Afin de protéger ses citoyens, le conseil [municipal] de Shippagan a, à l'unanimité, déclaré l'état d'urgence. La Ville souhaite se prévaloir des outils et de l'aide dont elle a besoin pour venir en aide à sa population ainsi qu'aux divers intervenants pour que la situation se rétablisse dans les plus brefs délais », explique la Ville de Shippagan par voie de communiqué.

Le maire de Lamèque, Jules Haché, précise que le conseil municipal décrète l'état d'urgence pour sept jours. La ville de 1400 habitants est complètement privée d'électricité. Pour l'instant, la priorité est d'alimenter l'hôpital en électricité, qui fonctionne grâce à sa génératrice depuis que les pannes ont commencé. M. Haché espère que l'état d'urgence lui permettra d'avoir une plus grande autorité pour réclamer de l'aide auprès de la province. « On a demandé des lits, des couvertures, des matelas. Ça nous donne une autorité pour exiger qu’ils nous les prêtent », a-t-il déclaré.

Quant à Caraquet, le maire de la ville, Kevin Haché, a fait savoir vendredi matin qu'il n'envisageait pas de décréter l'état d'urgence pour l'instant. Il a précisé que la situation était maîtrisée.

Étendre l'état d'urgence à l'ensemble de la Péninsule?

Les élus de la Péninsule acadienne sont rentrés dans la région afin d'assister la population éprouvée par les pannes d'électricité.

Denis Landry, qui occupe les fonctions de ministre de la Justice et de la Sécurité publique, ainsi que Serge Rousselle, ministre de l'Environnement et des Gouvernements locaux, affirment que leur priorité est de s'assurer que les résidents vont bien et qu'ils sont en sécurité.

« Ce qui est le plus difficile, c'est de joindre les gens à la maison », s'inquiète Denis Landry. « Il n'y a pas d'Internet, si les cellulaires ne sont pas chargés, ça ne fonctionne pas. Mais on s'organise, on est prêts à aller voir les gens chez eux et à les informer des services qui sont offerts pour se réchauffer et se nourrir. »

« Nous prenons ça extrêmement au sérieux », a souligné le ministre Landry. « On se demande s'il ne faudrait pas étendre l'état d'urgence à la grandeur de la Péninsule. »

En point de presse vendredi après-midi, le premier ministre Brian Gallant s'est exprimé sur la possibilité de déclarer de l'état d'urgence dans une région. « Nous croyons comprendre que certains aimeraient que la province déclare un état d'urgence pour une région. Cela permettrait à la province d'interdire des déplacements ou de d'exiger des évacuations. Nous ne voulons pas exclure une telle possibilité, mais pour l'instant, cela ne fait pas partie de notre stratégie », a-t-il déclaré.

Rétablir le courant

Énergie NB prévoit rétablir le courant chez 75 % de ses abonnés de la Péninsule d'ici vendredi soir, 85 %, d'ici samedi, et 95 %, d'ici dimanche.

En attendant, des équipes spéciales ont été déployées sur le terrain pour rendre visite aux foyers privés d'électricité. À 16 h, Brian Gallant estimait qu'elles s'étaient rendus chez environ 15 % à 20 % des habitants de la Péninsule.

Aucune pénurie de carburant n'est à prévoir, mais le premier ministre a expliqué que les pannes d'électricité pourraient empêcher certaines stations-service de pomper le carburant. Voilà pourquoi Énergie NB essaie de rétablir le plus vite possible l'électricité dans ces établissements.

Des scènes désolantes

Des poteaux cassés et des fils jonchent le sol un peu partout à Tracadie. C’est le cas de la rue Albert, où une douzaine de poteaux ont été entraînés au sol par un effet domino. Dans certaines entrées, les fils sont suspendus au-dessus du sol et empêchent les résidents de sortir avec leur voiture.

Un résident, Odilon Brideau, a vu les poteaux tomber : trois d'abord, qui ont entraîné les autres dans leur sillage. Une scène impressionnante, dit-il. « J’imagine que ça va être infini avant que ce soit réparé. C’est immense! »

Denis Losier qualifie la situation de « désastre ». D’après ses estimations, il y aurait une centaine de poteaux d’électricité cassés sur le territoire de sa municipalité.

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