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Crise politique à Laval : le maire mis en minorité

La crise politique se poursuit à la Ville de Laval, où une partie du caucus du maire Marc Demers s'oppose à lui.

En l'absence du maire et des conseillers qui lui sont fidèles, dix conseillers dissidents de son parti, le Mouvement lavallois, et les deux membres de l’opposition ont réussi à adopter jeudi matin des mesures qui modifient la composition de certains comités municipaux, entre autres à la Société de transport de Laval et à la Communauté métropolitaine de Montréal.

Ces élus dénoncent l'opacité des comités de la Ville et demandent une décentralisation du pouvoir.

« On va travailler pour les Lavallois mais aussi avec l'opposition, les autres élus. C'est une collaboration de 22 élus. On va travailler ensemble à chaque conseil municipal et c'est ça qu'on veut faire. On veut changer un peu les règles du jeu », a affirmé David De Cotis, un des conseillers dissidents, à la sortie du conseil.

Il a l'appui de Michel Trottier, chef du Parti Laval, qui compte un représentant au conseil municipal.

« L'objectif n'est pas d'être majoritaire comme [le maire] l'a fait pendant cinq ans, soutient M. Trottier. L'objectif, il est de travailler en collaboration. S'il veut travailler en collaboration, le groupe des 12 s'est fortement exprimé pour dire que c'est ouvert et qu'on tient à ce que ça se fasse. »

En principe, le maire a quatre jours pour entériner les décisions prises jeudi matin. S’il ne le fait pas, le sujet sera remis à l’ordre du jour pour être discuté lors de la prochaine réunion du conseil municipal, prévue dans un mois.

Marc Demers, qui dirige la Ville depuis 2013, n'a pas voulu répondre aux questions des médias. Il a toutefois indiqué dans un bref communiqué jeudi matin qu’il souhaitait rencontrer les membres de son caucus en présence d’une personne extérieure à la crise, qui pourrait être un médiateur.

En après-midi, il a nommé deux nouveaux membres au comité exécutif, soit Stéphane Boyer, qui prend la place de David De Cotis à titre de vice-président, et Ray Khalil. Dans un communiqué, le maire a indiqué qu'il faisait ces deux nominations « de façon à assurer le bon fonctionnement de la Ville.

Une réunion annulée

Déjà, le maire brillait par son absence à la réunion du conseil prévue mercredi soir. La réunion a d’ailleurs dû être annulée faute de quorum.

Plus tôt dans la journée, il avait destitué David De Cotis de ses fonctions de vice-président du comité exécutif, arguant que ce dernier avait brisé le lien de confiance en prenant la tête du mouvement de contestation.

« Ce prix que je viens de payer très cher en vaut la peine, a dit M. De Cotis mercredi soir à la réunion du conseil. Je le fais par conviction. Monsieur le maire a choisi de ne pas être présent, ni le restant de son caucus. C'est un geste d'anti-démocratie de monsieur le maire. Alors à partir d'aujourd'hui on va travailler pour les Lavallois, et juste pour les Lavallois. »

La crise s’est déclenchée mardi soir, lorsque neuf conseillers du parti du maire ont voté contre une de ses propositions, qui portait sur la composition du comité de vérification.

Pour le maire, le vote de mardi soir n’était pas valable.

« La résolution a été adoptée en non-conformité avec les réglementations en vigueur, a-t-il déclaré mercredi soir. Je réitère mon désir de discuter avec les élus. Mon but ultime est de bien servir les citoyens de Laval et non pas de jouer un jeu politique. »

Avec des informations de Johanne Burgell et de Jacques Bissonet

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