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Crues du printemps au Canada : de plus en plus de riverains évacués

Autant au Québec qu'au Nouveau-Brunswick, en Alberta et en Colombie-Britannique, les fortes précipitations des derniers jours continuent de faire monter le niveau de l'eau de plusieurs rivières, entraînant plusieurs centaines d'évacuations et de fermetures de routes, en plus de glissements de terrain.

En Beauce d'abord, les habitants de Vallée-Jonction sont sur le qui-vive, car le niveau de la rivière Chaudière continue d'augmenter. La région a reçu plus de 50 millimètres de pluie au cours des dernières heures. Plusieurs écoles ont été fermées.

Au dire de Denis Lessard, coordonnateur des mesures d'urgence de Vallée-Jonction, il est impératif de surveiller la route 112, qui pourrait être fermée si la situation continuait de s'envenimer.

Selon la Sécurité publique du Québec, la région est sous le coup d'une inondation « moyenne ». Dans les municipalités de Sainte-Marie et de Saint-Joseph, les autorités ont les yeux rivés sur la montée des eaux, en prévision d'autres inondations.

Une trentaine de résidences ont été évacuées à Vallée-Jonction, contre 150 à Sainte-Marie, dont le centre-ville est paralysé.

« On est toujours en état d’urgence, l’eau continue à monter deux à trois pouces [5 à 7,5 centimètres] à l’heure », a indiqué le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, en entrevue à ICI RDI. « On s’attend à ce qu’il y ait des hausses jusqu’à 18 h ce soir. »

À Québec, le niveau de la rivière Saint-Charles inquiète les autorités, d'autant plus que ce même cours d'eau est sorti de son lit sous le coup d'un embâcle, en janvier dernier, et a inondé plusieurs résidences.

De l'autre côté du fleuve Saint-Laurent, à Lévis, la rivière Beaurivage a elle aussi quitté son lit, entraînant la publication d'un avis d'évacuation pour 36 résidences.

Dans la région de Montréal, la rivière des Mille Îles a elle aussi fait des siennes, inondant une partie d'une rue de Laval-Ouest. Le niveau de l'eau devrait continuer de monter au cours des prochains jours.

En Estrie, la municipalité de Weedon a ordonné l'évacuation de 500 résidences en raison de l'avancée des flots de la rivière aux Saumons et du lac Louise.

De 25 à 40 millimètres de pluie sont attendus pendant la journée.

Le maire de Weedon, Richard Tanguay, encourage fortement les citoyens à quitter leur résidence.

« Si les gens ne sortent pas en disant qu'il n'y a pas de danger, si la situation empire, on se doit d'aller intervenir pour aller les chercher. Leur hésitation pourrait mettre en péril la santé des pompiers et des intervenants d'urgence », affirme-t-il.

« On surveille attentivement »

Le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, soutient que le gouvernement suit de près la situation, même s’il ne s’attend pas à voir « une répétition de la grande catastrophe de l’an dernier ».

Quelle est, selon lui, la principale différence entre les inondations printanières cette année, et celles de l’an dernier?

« La fonte des neiges a été beaucoup plus graduelle en raison du temps froid, répond-il. L’an dernier, on a eu une fonte qui coïncidait avec des pluies massives, qui ont été records, à la fois au mois d’avril et au mois de mai […] Cette année, la saison des embâcles, à une petite exception près au Saguenay–Lac-Saint-Jean, est terminée. Donc on n’a pas ce facteur-là. Les pluies sont abondantes, mais le gros de la neige avait déjà fondu. »

Le ministre Coiteux a contacté, lundi, le maire de Sainte-Marie, et fera de même avec le maire de Lévis, afin de s’assurer « que toutes les ressources [sont] en place, que la situation [est] bien sous contrôle ».

Un programme d’indemnisation « amélioré »

En ce qui a trait aux mesures d’aide aux sinistrés, le gouvernement québécois dit avoir appris de l’expérience du printemps dernier.

Selon le premier ministre Philippe Couillard, les gens qui feront une demande d’indemnisation verront une « différence importante ».

« Vous savez que M. Coiteux, il y a quelques semaines à peine, prévoyant qu’on aurait peut-être encore des problèmes ce printemps, a non seulement amélioré, mais considérablement amélioré le programme d’assistance, en donnant plus de responsabilités aux agents locaux des municipalités, par exemple, de pouvoir distribuer les moyens rapidement », a indiqué M. Couillard lundi.

Congé forcé à Fredericton

Dans la capitale du Nouveau-Brunswick, tous les fonctionnaires gouvernementaux ont reçu l'ordre de rester à la maison, lundi matin, puisque la rivière Saint-Jean, sortie de son lit depuis quelques jours, a transformé le centre-ville en vaste zone inondée.

Du côté de l'administration municipale, on suggère aux employés se rendant au travail d'emprunter les transports en commun.

Le niveau de l'eau dépasse les huit mètres à Fredericton, un record depuis une décennie. Selon le gouvernement, il devrait rester stable au cours des prochains jours.

Les communautés du sud de la province se préparent à l'arrivée des flots de la rivière Saint-Jean, alors que l'on s'attend à une trentaine de millimètres de pluie supplémentaires.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, demande à la population d’être vigilante et de demeurer informée. Il affirme que des pompiers, des membres de la GRC et d’organismes d’urgence travaillent de concert pour assurer la sécurité des gens.

Par ailleurs, M. Gallant souligne que son gouvernement prépare un programme d’indemnité pour les sinistrés.

« Tout le monde qui aurait des dommages, on leur demanderait de faire la comptabilisation de ça et communiquer ça avec le gouvernement, a-t-il dit. Par la suite, on pourra savoir si on peut appliquer pour un programme avec le gouvernement fédéral. »

Et à l'ouest...

En Alberta, plusieurs évacuations ont eu lieu la fin de semaine dernière dans les comtés de Mackenzie, de Woodlands, ainsi que dans des parcs de la région de Grande Prairie, en raison du risque d'inondations.

Plusieurs routes ont été fermées, et une soixantaine de zones jugées « dangereuses » sont sous surveillance.

La Colombie-Britannique est elle aussi aux prises avec des inondations; après des glissements de terrain ayant, entre autres, forcé la fermeture d'un tronçon de l'autoroute 97, voilà que près de 150 propriétés devront être évacuées dans la petite localité de Tulameen.

Le district qui a donné l’ordre fait état d’un risque « à la vie ».

Dans le secteur Upper Nazko, le nombre de résidences évacuées est passé à 121; des agents de la Gendarmerie royale du Canada effectuent du porte-à-porte pour avertir les résidents de l'ordre d’évacuation en vigueur.

Ceux qui habitent dans un secteur dont l’accès routier est coupé seront évacués par voie aérienne, préviennent les autorités.

Avec les informations de Fanny Samson, Mélissa François, Pierre-Alexandre Bolduc et Brigitte Marcoux

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