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D'ex-travailleurs d'Aveos prêts à poursuivre Air Canada, Ottawa et Québec

D'ex-travailleurs d'Aveos déposent une demande de recours collectif visant Air Canada et les gouvernements du Canada et du Québec. Ils soutiennent que le transporteur a « violé impunément » sa loi constitutive en fermant ses centres d'entretien, et que Québec et Ottawa ont « cautionné et toléré » cette décision qui a eu des « conséquences dramatiques » pour les 2600 ex-employés concernés au pays.

L'avocat qui représente le groupe, Jean-François Bertrand, affirme que le recours pourrait permettre d'obtenir de 800 millions à 1 milliard de dollars.

« Cette bataille-là, c'est David contre Goliath », a fait valoir en conférence de presse Jean Poirier, l'ex-président du syndicat des travailleurs du centre d'entretien d'Aveos à Montréal. « On s'en va se battre contre une des plus grosses corporations au pays, un gouvernement fédéral et un gouvernement provincial qui veulent rendre légal ce qui est illégal. C'est une bataille énorme, qu'on va gagner. »

Selon M. Poirier, le groupe s'adresse à la Cour supérieure, mais espère néanmoins en arriver à une entente à l'amiable, comme le requiert le nouveau code de procédure civile du Québec. « C'est le but : s'entendre, avec Air Canada et les deux paliers [de gouvernement]. On n'est pas là en guerre. S'ils veulent la guerre, ils l'auront. Mais on va être là pour discuter avec eux », a-t-il expliqué.

Officiellement, la requête n'est cependant pas déposée par M. Poirier, mais par Gilbert McMullen, un ancien travailleur d'Aevos devenu président de l'Association des anciens travailleurs des centres de révision d'Air Canada.

Le groupe représente non seulement les quelque 1800 travailleurs du centre d'entretien de Montréal, mais aussi les 800 autres qui travaillaient à Winnipeg, au Manitoba, et à Mississauga, en Ontario.

« Personne n'est au-dessus des lois » - Me Bertrand

Me Bertrand explique avoir été frappé, comme citoyen et comme avocat, par le fait qu'Air Canada viole impunément sa loi constitutive, et conteste l'application de cette même loi. « Mais ce qui m'a encore plus choqué, c'est de voir récemment le Québec venir faire une entente en catimini avec Air Canada et qui a laissé tomber comme une vieille chaussette les 2600 employés que le Québec prétendait représenter dans ses procédures devant la Cour supérieure et la Cour d'appel », a-t-il expliqué.

Selon Me Bertrand, la fermeture d'Aveos a eu des « conséquences dramatiques » pour ses 2600 employés. « Évidemment, la perte d'un emploi est toujours une conséquence dramatique. Pour certains, ça a eu des conséquences encore pires que ça. On parle de suicides pour certains, on parle de dépressions, de drames familiaux qui ont découlé de tout ça », a-t-il soutenu.

« Alors dès aujourd'hui, on tend la main à Air Canada, aux gouvernements du Canada et du Québec, pour qu'ils viennent s'asseoir avec nous et qu'ils trouvent des solutions qui vont être satisfaisantes pour l'ensemble des employés que le gouvernement est supposé représenté », a-t-il ajouté, sans s'avancer sur les solutions qui pourraient être envisagées.

Selon Me Bertrand, trois catégories d'employés sont concernées par cette démarche juridique, soit les employés qui n'ont pas retrouvé d'emplois après leur mise à pied, ceux qui ont trouvé un emploi moins avantageux en termes de salaire ou d'avantages sociaux et les travailleurs qui sont décédés depuis leur congédiement, y compris ceux qui se sont suicidés. 

M. Poirier a par ailleurs annoncé qu'il deviendra lui-même lobbyiste pour l'Association des anciens travailleurs des centres de révision d'Air Canada, et qu'il fera pression sur les gouvernements dans ce dossier. Il entend notamment militer pour que le gouvernement fédéral ne modifie pas la loi constitutive d'Air Canada, comme a l'intention de le faire le ministre des Transports, Marc Garneau.

Le groupe entend par ailleurs lancer une campagne pour financer ses activités. Il sollicitera non seulement l'ensemble de la population québécoise, mais aussi les grands syndicats et les travailleurs d'Air Canada. Ces derniers seront invités à verser une cotisation annuelle de 300 $ au groupe dans la mesure du possible. 

Le mois dernier, la Fédération des travailleurs du Québec a aussi déposé une demande d'injonction permanente en Cour supérieure pour forcer Air Canada à respecter le jugement de la Cour d'appel du Québec lui intimant de rouvrir un centre d'entretien et de révision de sa flotte d'avions dans la grande région de Montréal.

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