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D'une hanche cassée à une plaie de lit grave : un Néo-Brunswickois dénonce les soins reçus par sa mère

« Elle est entrée à l'hôpital pour une hanche cassée, mais elle va mourir d'une plaie de lit de stade 4 », lance Steven Hawkins à propos de sa mère, Leola Chiasson Hawkins, hospitalisée pour une hanche cassée en février, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick. Cinq mois plus tard, il dénonce les services médicaux qu'elle a reçus. « C'est de la négligence », croit-il.

Un texte de Wildinette Paul et Anaïs Brasier

Steven Hawkins a découvert une plaie dans le dos de sa mère, Leola Chiasson Hawkins, le 18 avril 2018, alors qu’il la visitait à l’hôpital de Tracadie. Il n’oubliera jamais cette journée.

Une histoire qui commence avec une hanche cassée

Leola Chiasson Hawkins, 81 ans, est une femme forte, assure son fils. Elle habite Caraquet et, malgré de petits problèmes de santé, vit dans sa maison et est autonome. « Ma mère, c’est le poteau de notre famille ».

Mais au début du mois de février, sa vie bascule : elle se casse une hanche et subit une opération. Après plus d’une dizaine de transferts d’hôpitaux entre Caraquet, Bathurst et Tracadie, son rétablissement est plus compliqué que prévu. Elle doit donc rester alitée plusieurs semaines.

Résultat : Steven apprend qu’une plaie de lit s’est formée au niveau du coccyx de sa mère.

« L'hôpital de Tracadie nous a dit qu’il y avait une plaie de lit, [...] mais pas la gravité de la plaie ni rien. Encore là, il ne la changeait pas de position. »

Une litière de chat pour masquer l’odeur

La hanche guérit, mais la plaie s’aggrave avec le temps. Le 18 avril, Steven Chiasson est incapable de supporter l’odeur qu’elle dégage et s’en plaint au personnel de l’hôpital.

Pour masquer l’odeur, une infirmière installe une litière pour chat dans la chambre de Mme Hawkins.

Il décide alors de jeter un coup d’oeil à cette plaie. « J'ai pris l’initiative de décoller le pansement moi-même », dit-il, la gorge nouée.

Ce qu'il voit derrière le pansement lui donne un choc.

« Elle va mourir d'une plaie de lit »

Leola Chiasson Hawkins a finalement été transférée à Moncton. C’est là que sa famille a appris que sa plaie de lit était de stade 4, soit le stade le plus avancé.

Aujourd’hui, la plaie de lit est en train de guérir. Elle est maintenant au stade 2. Mais Steven a perdu foi dans le système de santé du Nouveau-Brunswick.

Surtout, il sent que sa mère ne s’en remettra jamais. « Qu'est-ce qui va arriver selon vous? Elle va mourir. Je la vois. Elle dégringole chaque jour. »

« Ça va être la fin. C'est de valeur, ma mère en entrée à l'hôpital pour une hanche cassée, et elle va mourir d'une plaie de lit », conclut-il, le coeur gros.

Plainte pour négligence

Pour sa hanche et sa plaie de lit, Leola Chiasson Hawkins a été transférée à plus de 10 reprises, selon son fils.

Il a déposé une plainte au Réseau de santé Vitalité, pour négligence.

La vice-présidente des services cliniques du réseau de santé Vitalité, Johanne Roy, n’a pas commenté le cas précis de Mme Hawkins. Elle assure toutefois qu'une enquête est ouverte chaque fois qu'une plainte est déposée

Les plaies de lit, est-ce fréquent?

Elle a aussi expliqué que plusieurs facteurs peuvent faire en sorte qu’une plaie de lit se développe chez un patient hospitalisé, de l’âge à l’alimentation, en passant par certains médicaments et le niveau d’humidité. « C’est du cas par cas », dit-elle.

Les plaies de lit ne sont pas inusitées, affirme-t-elle. « En milieu hospitalier, une personne sur quatre ou sur cinq est à risque de développer une plaie de pression. »

Il est toutefois plus rare de voir une plaie atteindre le stade 4, comme celle de Mme Hawkins.

Quel protocole?

Lorsqu’une plaie est diagnostiquée en milieu hospitalier, le protocole suivi varie selon le patient et la plaie. Des pansements, des crèmes, « une panoplie de traitements » peuvent être appliqués.

Il faut aussi changer le patient de position : « Il faut diminuer la pression », explique Johanne Roy. Le protocole peut changer selon le niveau de mobilité du patient.

Il n’y a toutefois pas de protocol minimal pour traiter une plaie de lit chez un patient en milieu hospitalier. « Ça dépend vraiment de la situation que la personne vit », conclut-elle.

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