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Damas empêche la distribution de l'aide humanitaire, selon l'ONU

Le gouvernement syrien empêche les Nations unies de distribuer l'aide humanitaire aux villes assiégées, comme le requiert l'accord qui a mené à la trêve en vigueur depuis lundi, a déploré jeudi l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

« Nous avons un problème, a-t-il déclaré à la presse jeudi matin, à Genève. « Le gouvernement, je répète, le gouvernement devait fournir des lettres de facilitation, c'est un terme bureaucratique pour des permis, des autorisations. »

« Nous avons besoin de la permission finale. C'est quelque chose qui est nécessaire immédiatement », a poursuivi M. de Mistura, qui tente depuis des mois de convaincre le gouvernement et une partie des rebelles de s'asseoir à la table des négociations.

En début de journée jeudi, une quarantaine de camions remplis de nourriture et de matériel destinés à 80 000 résidents des quartiers est d'Alep, où des combattants rebelles sont encerclés par le régime, demeuraient bloqués à la frontière turco-syrienne.

En milieu de journée, vingt d'entre eux ont officiellement « franchi la frontière » turque, mais ils demeurent jusqu'à nouvel ordre dans une « zone tampon » située entre les deux pays, a annoncé le bras droit de M. Mistura, Jan Egeland, qui dit garder espoir que l'aide soit distribuée vendredi.

« Dès que nous aurons le feu vert, nous enverrons 20 camions, puis 20 autres le jour d'après », avait précédemment déclaré David Swanson, un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU à Gaziantep.

« Le voyage n'est que de 70 kilomètres mais, étant donné qu'il s'agit d'une zone de combats et que les routes sont en mauvais état, cela devrait prendre quatre à cinq heures », a-t-il précisé.

Le problème des autorisations n'est pas le seul auquel est confrontée l'ONU. Pour se rendre à Alep depuis la Turquie, les camions doivent emprunter la route du Castello. Or, jusqu'à nouvel ordre, cette route, contrôlée par le régime syrien, n'est toujours pas démilitarisée.

L'insoutenable attente

À Alep, les résidents des quartiers est se réjouissent que les armes se soient tues, mais n'en peuvent plus d'attendre l'aide humanitaire. « À quoi sert le prolongement de la trêve si nous restons assiégés? », s'écrie Abou Ibrahim, un habitant du secteur qui n'a pas reçu d'aide internationale depuis le 7 juillet.

« On ne veut pas juste l'arrêt des bombes. On veut des légumes et de carburant », renchérit Moustapha Morjane, un habitant de 30 ans du quartier rebelle d'Alep de Zabdiyé. « Comment cuisiner pour nos enfants si nous n'avons pas de carburant? »

En entrevue à Gravel le matin, Salim Badlissi, un résident des quartiers ouest, contrôlés par le régime, confirme que le niveau de violence a grandement diminué. La prudence reste tout de même de mise.

« Le premier jour, il y a quelques "bafouages" de la trêve, mais maintenant, c'est bon, c'est plus calme », affirme-t-il. « De temps en temps, il y a des tirs des deux côtés, mais quand même, ça se sent. C'est beaucoup plus calme. Les gens [...] sortent beaucoup plus. »

Selon M. Badlissi, il est « très difficile » pour les résidents des secteurs ouest de se rendre dans les secteurs est, bien que ce soit toujours possible. « N'importe qui ne peut pas aller dans la partie contrôlée par les bandes armées. Parce qu'ils ont leurs lois strictes, leur mode de vie strict, leurs contrôles d'identité des gens », souligne-t-il.

« Il y a une trentaine de bandes armées là-bas », poursuit-il, en évoquant plus particulièrement la présence du Front Fateh Al-Cham, anciennement connu sous le nom de Front Al-Nosra. Le groupe a changé de nom après avoir officiellement rompu ses liens avec Al-Qaïda, mais selon M. Bidlissi, leur mentalité reste la même.

« Chaque bande a ses propres lois aussi », ajoute-t-il. « Donc c'est pas si facile d'aller chez eux ou de circuler chez eux. En plus, ils sont encerclés maintenant, donc ils se retiennent très difficilement. »

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