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Dans Acadie-Bathurst, les électeurs voudraient des emplois plutôt que de partir vers l'Ouest

Dans la circonscription d'Acadie-Bathurst, au Nouveau-Brunswick, les électeurs sont préoccupés par le manque d'emplois stables et bien rémunérés, alors que plusieurs travailleurs sont partis vers l'Ouest canadien pour gagner leur vie.

Un texte de Marilyn Marceau

À l'aéroport de Bathurst, des familles attendent impatiemment l'arrivée de l'avion qui ramène à la maison des dizaines de travailleurs de l'Alberta. Une fois les bagages ramassés, les familles enfin réunies quittent rapidement l'aéroport. L'habitude rend le rituel des retrouvailles plus court, mais pas moins émouvant.

Les deux petits-enfants de Shirley Lebreton, d'Évangéline, sont venus l'accueillir à l'aéroport avec leur mère. Pendant qu'ils attrapent ses bagages, la cuisinière qui travaille dans des camps de travailleurs à Fort McMurray nous apprend qu'elle a été congédiée. C'est pourquoi elle est de retour si tôt.

« Ça fait huit ans que je fais l'aller-retour et on paie nos vols nous-mêmes », affirme-t-elle.

Malgré tout, Shirley Lebreton espère retourner travailler bientôt en Alberta, car elle sait qu'elle ne pourrait pas gagner un aussi bon salaire comme cuisinière dans la péninsule acadienne.

D'autres partent y tenter leur chance

L'avion s'apprête à redécoller vers l'Ouest, avec d'autres travailleurs à bord. Plusieurs partent sans savoir ce qui les attend.

Dorice Paulin a prévu rentrer au Nouveau-Brunswick à Noël, mais elle craint de devoir revenir plus tôt. Cette femme de ménage explique que comme il y a moins de travailleurs dans les camps à Fort McMurray, les entreprises ont besoin de moins de personnel de soutien.

Cette femme de Caraquet travaille dans l'Ouest depuis près de cinq ans. Elle aussi aimerait mieux travailler dans sa région, mais elle sait qu'elle n'y trouverait pas de travail à l'année. Quand on lui demande si un parti politique peut faire une différence, elle répond ceci : « Tous les partis essaient d'amener le plus aux Canadiens, ils font du mieux qu'ils peuvent, ça ne veut pas vraiment dire que ça va changer ».

La plupart des travailleurs de l'Ouest que nous avons rencontrés ont l'impression que créer des emplois dans la circonscription d'Acadie-Bathurst sera difficile, peu importe le parti qui sera élu le 19 octobre prochain. Ceux qui restent sur place aimeraient voir des emplois se créer dans la province.

Des électeurs rencontrés dans la circonscription nous ont dit vouloir un changement. Plusieurs sont aussi tentés de voter pour un parti qui a des chances d'accéder au pouvoir, puisque depuis 1997, le député élu siège dans l'opposition.

Le NPD veut garder la circonscription

C'est dans ce contexte que Jason Godin tente de reprendre le flambeau d'Yvon Godin (aucun lien de parenté), qui s'est retiré de la vie politique après avoir représenté la circonscription pendant 18 ans. Âgé de 22 ans, Jason Godin était devenu le plus jeune maire du Nouveau-Brunswick en 2012 en se faisait élire dans son village natal de Maisonnette.

Le candidat néo-démocrate estime que la création d'emplois dans la région passe par les petites et moyennes entreprises. « On a une plateforme très axée sur le développement des PME, et la distillerie Fils du Roy, où l'on se trouve aujourd'hui, est un exemple typique d'une PME qui peut réussir, qui crée de l'emploi dans la région à l'année et qu'on veut encourager », explique-t-il lorsque nous l'avons croisé en campagne.

De nombreux électeurs rencontrés lors de notre passage dans la circonscription ont affirmé lui faire confiance d'emblée. Il faut dire qu'Yvon Godin appuie le candidat depuis le début. 

Un ancien château fort libéral

Bien qu'Yvon Godin ait remporté le siège avec près de 70% des voix en 2011, le candidat libéral Serge Cormier espère profiter de son départ pour reprendre cette circonscription qui était jadis un château fort libéral.

Serge Cormier mise sur son implication dans la politique provinciale pour montrer aux électeurs qu'il connaît les dossiers de la région et sera en mesure de les faire avancer, d'autant plus que le parti libéral est au pouvoir dans la province. Il a été chef de cabinet dans différents ministères et a travaillé avec l'actuel premier ministre, Brian Gallant.

Lui aussi met l'accent sur l'emploi. Lors d'une rencontre avec des partisans à l'Anse-Bleue, il évoque la construction de routes et la rénovation du quai. « C'est sûr qu'il y a des travailleurs de l'Ouest qui reviennent, c'est une réalité. Mais avec le plan qu'on a, le Parti libéral, le plan avec les infrastructures de 125 milliards, ça va remettre les gens à l'emploi », soutient-il.

Une candidate au pied levé pour les conservateurs

Du côté du Parti conservateur, le candidat choisi s'est retiré de la course peu de temps avant la date limite, pour des raisons personnelles.

Riba Riordon, une enseignante à la retraite, a pris le relais le 24 septembre dernier. Nous n'avons vu aucune pancarte électorale du Parti sur les routes et dans les villages de la circonscription. Mme Riordon attend ses premières pancartes sous peu.

Elle affirme que si elle est élue, « les conservateurs pourraient dépenser beaucoup dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick ». Et d'ajouter qu'elle veut mettre des projets sur pied dans la région.

Quant au candidat du Parti vert, Dominique Breau, il évoque des baisses d'impôt ou encore un virage vert pour transformer des bâtiments vides en usines de panneaux solaires, par exemple.

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