Fondé en 1998, le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent est le seul au Canada à s'être doté d'une réglementation très stricte afin de pouvoir observer les mammifères marins qui fraient dans le fleuve, tout en respectant leurs habitudes de vie.

Un photoreportage de Catherine François

Les opérateurs d'excursions aux baleines ne doivent pas s'approcher à plus de 400 mètres des rorquals bleus et des bélugas, deux espèces en péril, et de 100 m à 200 mètres des autres espèces de rorquals. Le parc, qui couvre plus de 1200 kilomètres carrés - soit deux fois et demie l'île de Montréal - est donc la première aire marine protégée au Québec, et le seul endroit dans le monde où l'on peut voir des baleines bleues et des bélugas.

Des bélugas. Photo : Nature Québec

Le fleuve Saint-Laurent est aussi la région la plus au sud sur la planète où vivent des bélugas, une espèce arctique qui est malheureusement en voie de disparition au Québec. Il y en avait 10 000 à la fin des années 1800, et il en reste à peine 900 aujourd'hui.

Des mesures exceptionnelles sont prises pour tenter d'assurer leur survie. Le béluga est devenu l'emblème de la protection du Saint-Laurent, car c'est en partie grâce à lui, pour assurer sa protection, que de nombreuses usines ont réduit leur pollution dans le fleuve. L'état de santé des bélugas est directement lié à l'état de santé du fleuve.

Il existe une dizaine de mammifères marins qui viennent s'alimenter dans les eaux du Saint-Laurent et de la rivière Saguenay, un endroit privilégié par ces espèces parce qu'elles y trouvent toute la nourriture dont elles ont besoin pour reprendre des forces après des mois de sevrage.

La baleine bleue peut mesurer jusqu'à 25 mètres de long et peser 120 tonnes, c'est le plus gros animal du monde.

La température de l'eau, très froide, ainsi que le dénivelé spécifique au fond des eaux de cette aire marine expliquent l'abondance de petits poissons et du krill, dont raffolent les baleines bleues.

Photo : Catherine François

Nadia Ménard veille sur ces phoques et ces baleines. Biologiste marine, elle est la chef d'équipe du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, où elle travaille depuis 23 ans. Le parc, elle le connaît comme sa poche.

« Nous avons un programme de suivi et de recherches scientifiques. On regarde quelle est la densité de la nourriture, dans quel secteur elle se trouve, et on fait le suivi sur l'abondance des prédateurs, les oiseaux et les mammifères marins », explique Nadia.

« Mais il ne faut pas croire que le parc marin est comme un buffet à ciel ouvert pour ces animaux. Cela leur demande beaucoup de travail de trouver la nourriture et de la chasser. Mais il faut croire que cela vaut la peine de venir aussi loin de l'Atlantique pour venir s'alimenter dans le parc marin », ajoute-t-elle.

Photo : Catherine François

Nadia Ménard ne se lasse pas de se promener dans le jardin des baleines et de les observer. « Il faut continuer à tout faire pour protéger les milieux naturels comme le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent et conserver la biodiversité tant marine que terrestre. C'est non seulement important pour les espèces qu'on veut protéger, mais aussi pour nous, les humains, parce que l'observation de la faune en milieu naturel, c'est une source de bien-être et ça nous fait voir la beauté du monde. »

Photo : Catherine François

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