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« Dans quel pays veut-on vivre après le 19 octobre? » demande Mulcair

À la veille du dernier débat de la campagne électorale, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, tente de recentrer le message de sa formation sur le désir de changement des Canadiens, après que des sondages eurent montré une tendance défavorable au NPD, ces derniers jours.

Lors d'une conférence de presse au Musée d'art contemporain, à Montréal, « un symbole de la modernité que représente notre parti » selon M. Mulcair, le chef du NPD s'est servi d'une promesse en matière environnementale pour décrire le choix qui s'offre aux Canadiens.

« L'enjeu de cette élection, c'est : est-ce qu'on veut un Canada qui est fermé, guerrier et pollueur, c'est-à-dire quatre autres années de Stephen Harper, ou on veut un Canada responsable, tourné vers l'avenir, où on arrête de travailler contre la planète et on commence à travailler avec le monde? »

Thomas Mulcair a également attaqué le bilan libéral en matière de lutte contre les changements climatiques, rappelant la hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les années suivant la signature du protocole de Kyoto par le gouvernement de Jean Chrétien. Le chef du NPD estime que Justin Trudeau, notamment parce qu'il ne promet pas un système de plafonnement et d'échange des crédits d'émissions comme les néo-démocrates, « jette l'éponge ».

« Stephen Harper n'a pas d'objectif de réduction des gaz à effet de serre - pas plus que Justin Trudeau et les libéraux d'ailleurs. Justin Trudeau baisse les bras et dit qu'on n'a pas besoin de cible, parce que c'est trop difficile », a dit M. Mulcair. « Ce n'est pas du changement ça! C'est du pareil au même! »

« Au moins Stephen Harper n'a pas fait semblant comme le Parti libéral », a lancé M. Mulcair, rappelant que le Canada a été le premier pays à se retirer du protocole de Kyoto. Le chef du NPD a accusé son adversaire conservateur de nier les preuves scientifiques en matière de changements climatiques et de diviser les Canadiens.

Pour sa part, Thomas Mulcair promet d'être rassembleur. « C'est ce que j'ai passé ma carrière à faire, construire des ponts entre le Québec et le reste du Canada. Je laisserai Stephen Harper continuer à bombarder des ponts », a déclaré M. Mulcair, faisant référence à sa promesse de mettre fin à la mission canadienne contre le groupe armé État islamique en Irak.

Dans des publicités récentes, notamment sur des panneaux d'affichage à Montréal, les néo-démocrates mettent l'accent non seulement sur le changement qu'ils proposent, mais aussi sur l'expérience ministérielle de Thomas Mulcair au Québec. Cet aspect est aussi mentionné dans une vidéo du candidat néo-démocrate dans Toronto-St. Paul's, Noah Richler, qui se moque d'une publicité libérale montrant Justin Trudeau en train de grimper à contresens un escalier roulant.

Le chef du NPD a promis de rappeler aux électeurs le choix qu'ils ont à faire au cours des deux prochaines semaines, en commençant par son intention, s'il l'emporte, de ramener les politiques environnementales à l'avant-plan. « Ça, c'est l'engagement formel que je fais avec les 35 ans d'expérience que j'ai, avec l'équipe formidable de femmes et d'hommes qui sauront remplacer Stephen Harper. Regardez-nous aller le 19 octobre », a-t-il promis.

Interrogée sur la place qu'a prise le dossier du port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté dans la campagne, la candidate néo-démocrate dans Ahuntsic-Cartierville, Maria Mourani, a quelque peu levé le voile sur le changement stratégique du NPD. « Je pense qu'il faut ramener sur le terrain et sur la scène médiatique les vrais enjeux, et c'est ce que je fais », a-t-elle dit.

Plusieurs analystes estiment que cette question du niqab a nui à la campagne néo-démocrate. Certains candidats ont exprimé un malaise et ont tenu des propos allant à l'encontre de la position de leur chef, qui s'en est remis aux jugements des tribunaux à ce sujet.

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