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De l’Afrique à l’Alberta, refaire sa vie dans un conteneur

C'est en consultant sa facture exorbitante d'électricité qu'Aurélien Balondona, Camerounais d'origine, a débuté sa carrière. Il s'est rappelé que chez lui des employés du secteur pétrolier étaient parfois logés dans des conteneurs : « Une fois scellés, on peut noyer des conteneurs dans l'océan et pas une goutte d'eau n'y pénètre ». Alors, pourquoi ne pas fabriquer des maisons avec... des conteneurs?

Un texte de Camille Martel

Ingénieur de formation, Aurélien Balondona se targue d’offrir l'une des maisons les plus efficaces en Alberta et même au Canada.

« Une maison bien étanche est un premier pas pour sauver tout ce qui est énergie! », explique le Néo-Albertain.

L’homme possède désormais trois entreprises, à peine 18 mois après avoir lancé la première, Novhaus.

De l’or noir aux énergies vertes

Tel un conteneur, le périple d’Aurélien Balondona l’a mené un peu partout.

Après des études en génie mécanique dans son pays d’origine, il s’est fait recruter par une pétrolière belge.

« J’étais le chef de département du bureau d’étude et de projet. Je devais superviser près de dix pays différents. »

Puis, la crise économique de 2008 a frappé. « J’ai décidé de m’expatrier. Il y avait trois pays que je considérais : le Canada, l’Australie et les États-Unis. Mon application avec le Canada a été acceptée en premier. »

Naturellement, il a décidé de s’installer en Alberta due à la forte activité pétrolière de la province.

Mon expérience avant d’arriver au Canada était dans le monde du pétrole.

Aurélien Balondona, entrepreneur

Il est atterri à Calgary en 2010 et y a vécu trois ans. Il a occupé des postes importants au sein de diverses pétrolières jusqu'en 2014, moment où l'entreprise qui l’employait a fermé ses portes

« J’avais alors le choix, je pouvais continuer de faire comme j’avais toujours fait, c’est-à-dire passer d’un emploi à l’autre ou me lancer en affaires. »

L’appel de l’entrepreneuriat résonnait trop fort pour être ignoré. Aurélien Balondona est alors passé du noir au vert.

J’ai toujours eu un intérêt pour l’environnement. Quand je suis arrivé ici, j'ai voulu développer des systèmes en tant qu’ingénieur qui pourrait servir la communauté.

Aurélien Balondona, entrepreneur

Infographie : Une maison conteneur, c'est quoi? Glissez votre curseur sur l'image pour faire apparaître les bulles d'information. Pour voir en plein écran, cliquez ici.

L’entrepreneuriat n’a pas de couleur

Les défis sont multiples pour un entrepreneur, mais la race ou la couleur de peau du Camerounais d’origine n’en ont jamais fait partie.

« Je n’ai pas vraiment senti cela, ça dépend de l’approche et de comment on se présente », soutien Aurélien Balondona.

Selon lui, certaines personnes peuvent se faire discriminer si elles-mêmes se sentent vulnérables. Il pense donc que la confiance en soi fait toute la différence.En échangeant sur la question de la couleur de la peau et l’entrepreneuriat, Aurélien Balondona s’est rappelé d’un moment marquant qui lui a prouvé que ses origines n’interféreraient pas avec ses rêves de grandeur.

« J’ai vu le maire Don Iveson en 2015. On était à une conférence et je lui ai dit que j’avais une proposition d’affaires pour construire des maisons économiques à Edmonton. Je lui ai demandé si je pouvais m’asseoir avec quelqu’un de son bureau pour pouvoir présenter mon projet et j’ai eu un appel la semaine suivante », raconte Aurélien Balondona.

Il déplore que des entrepreneurs noirs évitent de se lancer en affaires par crainte de rencontrer plus de difficultés.

Aurélien Balondona à lui-même eu à rassurer un ami qui craignait de venir au Canada pour ces raisons.

Je pense que le message ici, c’est vraiment d’avoir du courage et de ne pas baisser les bras. Il faut insister.

Aurélien Balondona, entrepreneur

Des difficultés, il y en aura toujours, peu importe la couleur de notre peau. C’est le message que souhaite transmettre le jeune entrepreneur.

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