L'équipe d'enquête de CBC a enregistré des extraits de conversation qui suggèrent qu'une firme de consultants en immigration a offert de l'argent à une entreprise de la Saskatchewan en échange d'une offre d'emploi promise à un ressortissant chinois. Il s'agit d'une procédure illégale, selon un expert en droit de l'immigration.

Il y a quelques semaines, la propriétaire du magasin de tissu Fabricland de Prince Albert, Barb Reid, dit avoir reçu une visite inattendue à son commerce, celle d’un consultant en immigration.

Selon elle, le consultant Bill Sui lui a indiqué qu’il avait beaucoup de clients chinois qui voulaient immigrer au Canada et lui a demandé si elle était disposée à offrir un emploi à l'un d'entre eux.

Barb Reid raconte avoir trouvé l’offre étrange.

Elle a donc contacté CBC.

L’équipe d’enquête de CBC a alors enregistré deux de ses conversations téléphoniques subséquentes avec le consultant. Lors de l’une d'entre d’elles, Bill Sui dit qu’en échange d'une lettre garantissant une offre d'emploi, son entreprise établie à Vancouver, Vstar International, paierait le salaire et les avantages sociaux d'un travailleur chinois pendant trois mois.

Comme incitation supplémentaire, le consultant a offert 15 000 $ à Barb Reid, montant qu’il a qualifié de « frais de formation ».

Dans la conversation enregistrée par CBC, Bill Sui a indiqué que Vstar International payait généralement ce montant comptant. « Généralement, nos propriétaires d’entreprises ont un revenu personnel vraiment élevé, alors je leur donne simplement de l'argent pour leur faire économiser de l’impôt », a-t-il dit pout se justifier.

200 000 $ pour immigrer au Canada

CBC a également voulu savoir combien d’argent Vstar International demande aux ressortissants chinois qui veulent immigrer au Canada.

L’équipe a donc demandé à une journaliste d’origine chinoise de CBC à Toronto, Sharon Wu, d’appeler l'entreprise et de se faire passer pour une Canadienne voulant aider ses parents chinois à obtenir la résidence permanente au Canada.

La propriétaire de Vstar International, Nicole Sun, lui a répondu que l’entreprise dispose d'un bassin d'emplois canadiens. Elle a aussi indiqué que son entreprise facture 200 000 $ pour une demande d'immigration pour travailleur qualifié.

« Ces 200 000 $ devraient être suffisants. Il s'agit des frais d'inscription pour l'ensemble du processus de demande d'immigration. C'est l'argent que vous devez payer pour que votre famille obtienne le statut de résident permanent », a expliqué Nicole Sun à Sharon Wu.

Selon des conseillers en immigration que l’équipe de CBC a contactés, une demande d’immigration en tant que travailleur qualifié coûte généralement entre 3000 $ et 8000 $, en considérant que le ressortissant étranger a lui-même trouvé un emploi.

Dans la cour de l’Agence des services frontaliers du Canada

Selon l'expert en droit de l’immigration Richard Kurland, il incombe à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ou à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de recueillir des preuves dans ce genre de situation.

Il explique également que c'est une fraude lorsqu'une personne donne de l'argent pour obtenir une offre d'emploi qui mène à une résidence permanente au Canada.

CBC a présenté les grandes lignes de cette enquête à l'ASFC. Par courriel, l'organisme fédéral indique qu’en cas d’infraction, il « rassemble, examine et évalue toutes les preuves avant de poursuivre ».

L’agence souligne également que « ces enquêtes sont complexes » et se retrouvent souvent dans la cour d'autres organismes gouvernementaux.

L’entreprise aide les clients « parfois »

Lorsque l’équipe de CBC a parlé à la propriétaire de VStar International, Nicole Sun, des affirmations faites à Sharon Wu, celle-ci a admis que parfois, l'entreprise aide certaines personnes à trouver un emploi.

Elle a cependant affirmé que cela se fait sans que ces personnes n'aient à débourser d'argent.

Nicole Sun a également nié que Vstar International facture 200 000 $ pour une demande d’immigration en tant que travailleur qualifié, mais a refusé de divulguer ce que son entreprise réclame pour une telle demande.

La propriétaire de Vstar International a brusquement mis fin à l'appel, en disant qu'elle devait se rendre à une réunion. Avant de raccrocher, elle a assuré qu’elle répondrait à d’autres questions plus tard. CBC a tenté de lui parler à plusieurs reprises par la suite, mais elle a refusé de poursuivre l’échange.

Nicole Sun a par ailleurs affirmé que Bill Sui n’avait jamais travaillé pour son entreprise. Elle n'a pas été en mesure d'expliquer pourquoi la réceptionniste de Vstar International a pris un message pour Bill Sui et que ce dernier a rappelé quelques minutes plus tard.

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