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De l'éventail à la climatisation en 8 infographies

Chaleur accablante, vêtements trempés... Il suffit souvent de tourner un bouton pour rafraîchir la maison ou la voiture, un luxe que des millions de personnes dans le monde ne peuvent s'offrir. Les choses changent toutefois rapidement. Au point où la climatisation pourrait bientôt produire plus de chaleur que de fraîcheur sur Terre en dévorant toujours plus d'électricité produite dans la majeure partie des cas par des combustibles fossiles.  

Un texte de Stéphane Bordeleau

1. LA CLIMATISATION À TRAVERS LES SIÈCLES

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Ce n'est pas d'hier que les excès de chaleur et d'humidité nous accablent l'été. Si les premiers hommes fuyaient la chaleur en se réfugiant dans la fraîcheur des cavernes, les Romains, eux, climatisaient leur demeure en faisant circuler de l'eau dans les murs. Les Perses, quant à eux, tentaient de capturer la fraîcheur du vent à l'aide de hautes tours, alors que les Chinois mettaient au point la mécanique des premiers ventilateurs à pales.

Mais toutes ces solutions plus ou moins heureuses pour contrôler la chaleur dans les bâtiments ont été surpassées au début du 20e siècle par la mise au point, aux États-Unis, des premiers systèmes d'air conditionné qui permettaient de rafraîchir et de déshumidifier en peu de temps l'air de bâtiments entiers.

L'arrivée de cette technologie dans les foyers nord-américains et par la suite dans le monde entier a littéralement révolutionné notre rapport avec les grandes chaleurs de l'été.

2. LA PRODUCTION DE CLIMATISEURS DANS 10 PAYS

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Quoique la climatisation soit une technologie commercialisée depuis bientôt un siècle, elle n'a longtemps été accessible que dans les pays plus fortunés. Elle était tout simplement hors de prix pour les consommateurs moyens dans la majorité des pays pauvres ou en développement.

Outre son prix, il faut aussi disposer d'un accès à un réseau électrique assez puissant et stable, en plus d'avoir les moyens de payer cette électricité.

C'est pourquoi les systèmes d'air conditionné ont longtemps été réservés aux édifices publics, aux hôtels, aux commerces et aux gens qui avaient les moyens de se l'offrir.

Un luxe désormais accessible

Mais avec le développement des infrastructures électriques et la hausse du niveau de vie dans les pays émergents comme l'Inde, le Brésil et surtout la Chine, des dizaines de millions de familles ont désormais accès à cette précieuse technologie.

3. LE CANADA NE FAIT PAS EXCEPTION

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Au Canada, le nombre de climatiseurs a pratiquement triplé dans les foyers du pays au cours des 25 dernières années.

Parmi les raisons évoquées par les experts, il y a certes l'enrichissement des ménages canadiens, mais aussi le prix abordable des appareils de climatisation résidentielle de base et le développement de produits plus performants qui combinent la climatisation et le chauffage, tels que les thermopompes.

Les prix relativement stables et bon marché de l'électricité au pays favorisent aussi l'essor de la climatisation dans les foyers.

4. L'ONTARIO ET LE QUÉBEC CHAMPIONS DE LA CLIMATISATION

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Bien que nous vivions dans un pays nordique, plus de 50 % des foyers canadiens sont aujourd'hui climatisés. Province la plus climatisée au pays, l'Ontario abrite à elle seule plus de la moitié des foyers climatisés au pays. Au Québec, 41 % des habitations le sont.

Un tiers d'entre elles sont refroidies par un système central, et les deux tiers, avec des unités portatives, de fenêtre ou murales.

5. SOIXANTE FOIS PLUS D'ÉNERGIE POUR NOUS CHAUFFER

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Sans compter les commerces et les immeubles de bureaux, le Canada compte près de 8 millions de foyers qui bénéficient de la climatisation lors des grandes chaleurs de l'été.

En dépit d'une augmentation constante de la consommation d'énergie consacrée à la climatisation dans les foyers canadiens de 1990 à 2009, la quantité d'énergie consommée par les ménages pour rafraîchir leur logement demeure marginale au Canada, où le chauffage est de très loin l'activité la plus énergivore. Nous consacrons en fait 60 fois plus d'énergie pour nous chauffer que pour nous rafraîchir.

Notre situation géographique nordique parle d'elle-même.

6. TOUJOURS PLUS D'ÉNERGIE POUR SE RAFRAÎCHIR

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Bien qu'elle soit somme toute marginale, la consommation d'énergie pour la climatisation a tout de même bondi de plus de 44 % au Canada de 1990 à 2009.

La surface climatisée au pays a quant à elle plus que doublé pendant cette période. « La surface de plancher occupée et climatisée est passée de 267 millions de mètres carrés en 1990 à 757 millions de mètres carrés en 2009, soit une hausse de 23 % en 1990 à 44 % en 2009 », note Statistique Canada.

« Comparativement à 1990, on observe à partir du milieu des années 2000 une amélioration du rendement énergétique des climatiseurs individuels et centraux [...] grâce à la conception d'appareils moins énergivores et dotés de systèmes intégrés d'économie d'énergie », peut-on lire dans une étude du ministère des Ressources naturelles du Canada.

7. DE LA FRAÎCHEUR QUI PRODUIT BEAUCOUP DE CHALEUR

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L'augmentation soutenue du recours à la climatisation au Canada au cours des dernières années a engendré une hausse tout aussi soutenue de la consommation d'électricité, et par conséquent des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Bien que les climatiseurs n'émettent pas de GES en fonctionnant, la production d'électricité à partir de centrales au gaz, au charbon ou au pétrole pour alimenter tous ces appareils, elle, génère de bonnes quantités de GES.

Toutefois, au début des années 2000, l'arrivée sur le marché d'appareils moins énergivores, plus performants et dotés de systèmes intégrés d'économie d'électricité a permis une relative stabilisation de la consommation d'énergie dans le secteur de la climatisation.

Attention aux gaz réfrigérants

L'interdiction des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), les gaz réfrigérants utilisés dans les climatiseurs, par les pays signataires du protocole de Montréal et de Copenhague, a permis de réduire sensiblement l'utilisation de ces gaz nocifs pour la couche d'ozone dans le monde.

Car, en plus de détériorer la couche d'ozone, les HCFC, une fois libérés dans l'atmosphère, ont un pouvoir d'effet de serre plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2.

Le protocole de Copenhague prévoit leur interdiction complète d'ici 2030 dans les pays industrialisés et d'ici 2040 dans les pays en développement.


8. SOURCE DE FRAÎCHEUR... ET DE BRUIT!

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Les climatiseurs, s'ils nous rendent de précieux services, n'en demeurent pas moins une source importante de bruit dans les villes et les banlieues. Outre le niveau de bruit généré selon les modèles et leur qualité, la puissance des machines joue aussi un rôle important dans le bruit qu'elles produisent.

Bien que les fabricants multiplient leurs efforts pour limiter le bruit des climatiseurs, certains modèles génèrent des niveaux de bruit constants sensiblement élevés, considérant qu'à partir de 60 décibels un bruit est considéré comme « gênant », le bruit mesuré de certaines unités de climatisation excède 70 décibels, soit l'équivalent d'une artère routière achalandée. 

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