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De meilleurs logements amélioreraient la santé des citoyens de l'est montréalais

La lutte contre les inégalités en santé entre l'est et l'ouest de Montréal passe notamment par une amélioration des logements, souvent trop chers et infestés de moisissures dans l'est de la métropole, estime une experte.

Un texte de Dominic Brassard

Dans l'est de Montréal, « 1400 enfants de 6 mois à 12 ans souffrent d'asthme, en lien avec l'exposition à l'humidité excessive dans leur logement », soutient la présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal (CIUSSS), Denise Fortin. Et près du tiers de cette population souffre également d'au moins une maladie chronique.

Pour Denise Fortin, il n'y a pas de doute, la présence de moisissures crée des problèmes de santé : « 40 % des logements sont contaminés à Montréal. De ces logements-là, il y en a beaucoup dans l'est de Montréal. Alors, est-ce qu'on peut enlever les champignons sur les cadres de portes pour que les enfants retrouvent une santé respiratoire? », demande-t-elle.

Une problématique chiffrée

L'an dernier, une étude de la Direction de la santé publique de Montréal avait d'ailleurs confirmé l'ampleur du problème dans l'est de la ville.

Dans les arrondissements Saint-Léonard, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et Montréal-Nord, entre 11 % et 15 % des ménages rapportaient la présence de moisissures. Dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, cette proportion se situait entre 8 % et 11 %.

La salubrité des logements préoccupe également l'agente de développement chez Bâtir son quartier, Manon Bouchard. Selon elle, l'âge avancé du parc locatif dans l'est de Montréal explique en partie ces problèmes de moisissures.

Mais ce n'est pas tout. À son avis, il manque aussi de grands logements. « Dans l'est, 8 % des familles habitent un logement de taille insuffisante, alors, c'est sûr que la surpopulation peut créer des problèmes de moisissures », souligne-t-elle.

Une piste de solution

Le coordonnateur de l'organisme Infologis, Anicet Ndayishimiye, croit qu'il revient aux arrondissements de travailler ensemble pour améliorer la salubrité générale des logements.

« Il va falloir harmoniser la façon de faire d'un arrondissement à l'autre, parce que les inspections ne se font pas toutes de la même façon. Il y a des arrondissements où on voit qu'il y a un effort, même si les inspecteurs ne sont pas aussi équipés, donc les citoyens ne sont pas servis de la même façon », avance-t-il.

Le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, reconnaît que « tous les arrondissements n'ont pas la même force de frappe au niveau de l'inspectorat ».

Logements abordables

Le coût des logements dans l'est de l'île peut aussi influer négativement sur la santé des résidents. Dans le territoire du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, près de quatre personnes sur dix consacrent plus de 30 % de leur revenu au paiement de leur loyer.

Selon la Direction de la santé publique de Montréal, « le fait de consacrer une proportion trop importante de son revenu au logement restreint la capacité des ménages de répondre aux autres besoins de base, y compris la nourriture et les médicaments. »

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