Retour

Débat démocrate : le gagnant en quatre points

Oubliez les annonces cherchant à démontrer quel candidat a gagné le premier débat des aspirants présidents démocrates. Clinton pour sa solidité et son aisance? Sanders pour son énergie, sa passion? O'Malley? Non. C'est le Parti démocrate qui en sort gagnant. Et avec lui, une bonne partie des électeurs américains. Quatre raisons.

Une analyse de Yanik Dumont Baron

1. Seulement deux prétendants

C'est devenu clair assez rapidement : il n'y a que deux prétendants au titre de candidat démocrate à la présidence. Hillary Clinton, avec sa vaste expérience politique, et Bernie Sanders, avec ses convictions bien ancrées. Oubliez O'Malley, Chafee et Webb.

Oubliez aussi Joe Biden. Difficile de voir comment il pourrait justifier une entrée si tardive dans la course. On le voyait comme une solution de rechange si la machine Clinton se brisait. À Las Vegas, cette machine est apparue bien huilée, ajustée. Sans le dire explicitement, Clinton s'est présentée comme une candidate soutenue par le patron du vice-président, Barack Obama lui-même.

2. Des positions bien distinctes

Avec Sanders et Clinton, les électeurs démocrates ont un choix bien précis. Bien plus distinct que celui qui s'offre aux républicains en ce moment.

Sur l'économie, Sanders rejette le « capitalisme casino » et l'avarice des financiers de Wall Street. Clinton est plus pragmatique et s'inquiète pour les petits entrepreneurs. Clinton se dit progressiste et réaliste. Elle veut améliorer le système de l'intérieur. Sanders parle de révolutionner l'ordre établi, avec l'aide de millions d'Américains.

En matière de politique étrangère, Clinton demeure plus agressive, interventionniste. Elle accepte l'espionnage de la NSA et souhaite qu'Edward Snowden soit puni. Sur le contrôle des armes à feu, Sanders est plus pragmatique, plus apte au compromis pour les propriétaires d'armes.

3. Leurs faiblesses

Les électeurs ont aussi noté certaines faiblesses des candidats. Des faiblesses qui peuvent nuire à ces derniers lorsqu'ils sont devant un adversaire républicain.

Sanders n'arrive toujours pas à expliquer comment la social-démocratie dont il se réclame peut s'adapter aux valeurs américaines. Il n'arrive pas à expliquer pourquoi ses coûteuses idées sont justifiées. C'est un problème majeur dans un pays qui associe souvent socialisme à dictature communiste.

Clinton, malgré toute son expérience, demeure une politicienne prudente. Peut-être trop calculatrice. Elle refuse de prendre position (sur la légalisation de la marijuana), donne des réponses évasives (sur l'aide aux immigrants sans papiers), change d'idée (sur le Partenariat transpacifique). Elle prétend faire campagne pour la classe moyenne, mais on pourrait dire qu'elle le fait surtout pour assouvir ses ambitions.


4. Leurs ennemis politiques

Les candidats ont dû expliquer de quels ennemis politiques ils étaient les plus fiers. Une question bien pertinente qui met en relief les priorités (distinctes) des candidats.

En tête de liste pour Clinton, la NRA (National Rifle Association), les Iraniens et les républicains. Sanders, lui, nomme les « groupes d'intérêt » présents à Washington et surtout « Wall Street » et l'industrie pharmaceutique.

Le choix des démocrates semble assez clair. Les républicains ont encore plus d'une douzaine de candidats devant eux.

Plus d'articles

Commentaires