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Débat sur l'avenir des commissaires de l'enquête sur les femmes autochtones

Les chefs autochtones présents à la 38e assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) discutent aujourd'hui de la démission de tous les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), demandée par plusieurs chefs du Manitoba.

La grande chef du regroupement de 30 Premières Nations, Manitoba Keewatinowi Okimakanak, Sheila North Wilson, et plusieurs de ses pairs ont déposé mercredi une résolution à ce sujet, reprochant aux commissaires de victimiser de nouveau les familles et demandant une reprise du processus d’enquête.

Si la résolution est entérinée, les chefs de l’APN demanderont au premier ministre Justin Trudeau de remplacer les quatre commissaires restants. Il y a eu cinq démissions et un départ depuis le début des travaux.

Une enquête qui divise les Premières Nations

Des proches des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées avaient raconté mercredi avoir perdu confiance dans le déroulement de l’enquête. Plusieurs ont aussi reproché à l'ENFFADA son manque constant de communication.

Autre frustration, la crainte que l'enquête ne tienne pas les policiers pour responsables et qu’elle n’ait pas l’autorité de faire rouvrir des enquêtes.

Une frustration à laquelle l’ENFFADA a répliqué par voie de communiqué dans lequel elle déclare qu’elle « considérera la conduite des services policiers dans 14 juridictions fédérales, provinciales et territoriales au Canada ».

La commission a aussi indiqué qu’une équipe judiciaire examinait actuellement les rapports de police.

Démanteler l'enquête

La commissaire Michèle Audette a déclaré n’avoir pas nécessairement l’intention de s'en aller même si une majorité de chefs votaient pour avoir de nouveaux commissaires. Elle a constaté qu’un mouvement s'organisait en coulisses pour démanteler l’enquête, mettre les commissaires dehors et reprendre le tout à zéro.

« Si on remet les compteurs à zéro finalement, on reporte à plus loin encore des travaux qui sont déjà entamés, imparfaitement sans doute, mais il y a sans doute moyen de corriger le tir à partir de maintenant », a déclaré le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL),Ghislain Picard, sur les ondes de RDI en début d'près-midi jeudi, ajoutant qu’il faudrait aussi renforcer la gouvernance de la commission et faire en sorte qu’elle puisse être au service plus directement des familles qui sont affectées par ces questions.

Un processus local au Manitoba

Un groupe manitobain réclame depuis la mi-juillet la démission de tous les commissaires de l'ENFFADA estimant que familles et victimes ont perdu confiance envers la commission.

« L’enquête nationale, sous sa forme actuelle, est au point mort. Les voix et témoignages de familles ont été mis de côté depuis le début de l'enquête l'an dernier », a déclaré Hilda Anderson-Pyrz, la coprésidente de la Coalition des femmes et filles autochtones disparues et assassinées du Manitoba.

Le regroupement a aussi demandé la mise en oeuvre d'un processus local au Manitoba qui serait mené par les familles de victimes et par les survivantes. Cela contribuerait ainsi au renouvellement de la commission d'enquête, tout en respectant les règlements et protocoles traditionnels autochtones, selon la coprésidente.

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