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Débrayage dans 57 CPE de la région de Montréal

Plus de 1350 travailleuses de 57 Centres de la petite enfance (CPE) de Montréal et de Laval sont en grève générale illimitée depuis ce matin.

Des piquets de grève ont été mis en place tôt en matinée devant les 88 installations touchées par ce débrayage, qui affecte plus de 3000 enfants et leurs parents.

Tous les établissements touchés sont représentés par l'Association patronale des CPE (APCPE), qui représente des conseils d'administration de CPE, formés majoritairement de parents bénévoles.

Les travailleuses, quant à elles, sont membres du Syndicat des travailleuses de CPE de Montréal-Laval-CSN. Elles se sont dotées d'un mandat de grève appuyé par 91 % d'entre elles lors d'un vote à la mi-mai.

Déplorant l’absence de progrès significatifs dans les négociations, les travailleuses, qui sont sans contrat de travail depuis 40 mois, soit depuis le 31 mars 2015, ont maintenu le débrayage en dépit du dépôt de nouvelles offres patronales lundi.

« Ça fait longtemps qu’on négocie, il faut vraiment en arriver à un règlement et, visiblement, les 30 ou 40 séances de négociation qu’on a eues jusqu’ici n’ont mené à rien », a déploré la présidente du syndicat, Carole Leroux.

Les questions salariales et celles concernant les régimes de retraite et les assurances collectives ayant été réglées, les points encore en litige concernent essentiellement le rôle décisionnel des équipes, le fractionnement des vacances, la transparence des états financiers, les listes de rappel et l’ancienneté, énumère Tania Valdez, membre du comité de négociation.

Participer davantage à la gestion des établissements

Les travailleuses en grève, dont les salaires se situent entre 14 $ et 23 $ de l'heure, réclament par ailleurs une meilleure participation à la gestion de leurs établissements.

La direction réclame une stabilité du personnel

Questionnée sur les ondes de RDI sur le fossé qui sépare la direction des employés, la représentante de l’Association patronale nationale des CPE, Chantal Bellavance, a expliqué que la partie patronale comprend l’importance des revendications des employées, mais qu’elle doit avant tout assurer la stabilité des services et du personnel qui travaille avec les enfants.

« Actuellement, dans plusieurs CPE il y a des choix de groupes d’âge annuels, d’autres CPE n’ont pas de choix de groupe. En fait, ce qu’on veut c’est de maintenir ce qui existe déjà », a-t-elle indiqué.

Qualifications avant ancienneté

En ce qui a trait au choix des éducatrices qui font des remplacements à long terme, la partie patronale réclame de pouvoir choisir les remplaçantes en fonction de leurs qualifications plutôt que de leur ancienneté, ce à quoi s'opposent les éducatrices syndiquées.

« Le syndicat parle de non-respect de l’ancienneté, dans notre cas ce serait pour donner une priorité d’accès aux éducatrices qualifiées », soutient Chantal Bellavance.

« On croit à la formation, nous sommes un réseau de professionnels de la petite enfance, il y a une formation de trois ans. Pour nous, on pense que de donner priorité aux éducatrices qualifiées pour des remplacements à long terme est davantage important », ajoute-t-elle.

En ce qui a trait aux vacances, la partie patronale refuse de les octroyer en fonction du nombre de remplaçantes disponibles, encore une fois pour assurer la stabilité des services offerts aux enfants et aux parents.

Le ministre interpelle les parties

Le ministre de la Famille du Québec, Luc Fortin, a indiqué suivre les négociations avec beaucoup d’attention.

Lors d’une mêlée de presse mercredi, il a souligné que le gouvernement ne participe pas à la négociation, puisque les CPE sont des entités privées, même si leur fonctionnement est encadré par l’État.

« Je souhaite interpeller les deux parties – autant la partie patronale que la partie syndicale – pour leur dire d’accélérer les discussions pour arriver à une entente négociée de bonne foi au bénéfice des parents et des enfants du Québec », a-t-il dit.

Pour l'instant, les négociations se poursuivent, en raison notamment de la présence d'un conciliateur.

Les 57 CPE visés sont principalement situés à Montréal et quelques-uns sont à Laval. Leur syndicat est rattaché à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.

Le Québec compte 993 Centres de la petite enfance subventionnés par l'État.

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