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Début du débat sur la destitution de Dilma Rousseff

Déboutée par la Cour suprême brésilienne dans un ultime recours judiciaire pour éviter la procédure de destitution, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, doit maintenant faire face à ce processus qui s'est amorcé ce matin à la Chambre des députés à Brasilia.

Malgré l'éloquence de son avocat, le ministre de la Justice José Eduardo Cardozo, la présidente a échoué dans sa tentative de faire annuler le processus de destitution et de mise en accusation. Les juges de la Cour suprême brésilienne ont mis quelque huit heures - dans une décision majoritaire (8 contre 2) rendue en pleine nuit - à rejeter la procédure entamée par la présidente Rousseff.

Le ministre de la Justice demandait au plus haut tribunal du pays de suspendre la procédure d'impeachment le temps que les juges se penchent sur les « irrégularités procédurales » qui auraient entaché, selon lui, la procédure de destitution.

Le procureur général du Brésil, Jose Eduardo Cardozo, affirme que la procédure en cours est une tentative de coup d'État. L'analyste à l'Université fédérale de Rio de Janeiro, Edmar Luiz de Almeida, n'est pas d'accord. 

Le professeur ajoute que Dilma Rousseff a perdu l'appui des partis. « Une fois qu'il n'y a plus d'appui, les demandes d'impeachment arrivent au Congrès, dit-il. Tous les présidents brésiliens reçoivent ce type d'accusations. » 

Un vote crucial dimanche

La Chambre des députés brésilienne a entamé, vendredi matin, une assemblée plénière qui durera trois jours et débouchera sur un vote, déterminant, dimanche.

La séance a commencé par le résumé des faits reprochés à Mme Rousseff, qui est accusée d'avoir trafiqué des comptes publics. Le rapport de la commission spéciale présenté la semaine dernière recommandait la destitution de Mme Rousseff.

La présidente Rousseff est soupçonnée d'avoir manipulé les comptes budgétaires, gonflant les dépenses, afin de s'attirer des votes en vue de la campagne électorale présidentielle de 2014. La présidente a réfuté les accusations, soulignant que ses prédécesseurs avaient utilisé des méthodes comptables similaires à celles qu'on lui reproche. 

L'opposition doit rallier les deux tiers du vote de la chambre basse - 342 députés sur 513 - pour que la destitution de la présidente passe à l'étape suivante, soit l'approbation du Sénat.

Affaiblie par un scandale de corruption, la pire récession économique des dernières décennies et par l'épidémie du virus Zika, la présidente Rousseff a perdu plusieurs alliés cette semaine.

Un sondage mené par le journal Estado de Sao Paulo révèle que l'opposition dispose déjà d'une majorité de députés prêts à voter la destitution de la présidente.

Dans l'éventualité où l'opposition échoue à rallier une majorité de députés en faveur de destitution, la procédure sera automatiquement abandonnée. À l'inverse, un vote favorable porterait la procédure à sa dernière étape, le vote au Sénat.

Les Sénateurs devraient ensuite se prononcer, à la majorité simple, sur la destitution et la mise en accusation de la présidente.

En cas de destitution, la présidente Rousseff serait écartée du pouvoir pour une période d'un maximum de 180 jours, dans l'attente d'un jugement final. Le vice-président Michel Temer assumerait l'intérim dans l'intervalle, lui fait également l'objet d'une procédure de destitution pour des motifs similaires à ceux retenus contre Mme Rousseff.

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