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Décalage démographique derrière les barreaux : Ottawa doit agir, dit l'ombudsman

Ottawa n'est pas prêt à faire face à la dichotomie marquée dans la population carcérale, selon l'enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers.

Alors que la moyenne d'âge des détenus ne cesse d'augmenter en Ontario et au Québec, les Prairies doivent composer avec un nombre grandissant de prisonniers qui sont parmi les plus jeunes au pays.

Selon le Bureau de l'enquêteur correctionnel, plus de la moitié des détenus sous responsabilité fédérale âgés de 20 ans et moins sont incarcérés dans des pénitenciers des Prairies.

Pendant ce temps, le nombre de détenus âgés de plus de 50 ans a augmenté de 78 % au cours de la dernière décennie et la majorité de ces individus sont incarcérés au Québec et en Ontario.

Howard Sapers dit que certaines politiques du Service correctionnel du Canada (SCC) ne tiennent pas compte des besoins spécifiques de ces deux groupes distincts. « Il serait faux de dire que leurs besoins sont ignorés, parce que ce n'est pas le cas, précise-t-il. Mais ils ne sont pas abordés de manière cohérente, coordonnée et stratégique. »

Dans un document de recherche publié par le SCC en 2014, l'agence fédérale prévoyait que le poids démographique des détenus plus âgés continuerait d'augmenter pendant au moins cinq ans. Aucun pénitencier fédéral ne comporte d'unité ou d'installation conçues pour les personnes âgées.

Besoins différents

L'enquêteur correctionnel croit que le SCC pourrait notamment faire preuve de plus de flexibilité au niveau des repas. « Dire qu'un repas standard répondra aux besoins nutritifs d'un détenu de 18 ou 19 ans est une supposition erronée, surtout si c'est le même repas qu'on donne aux détenus de 40, 50 ou 60 ans », dit M. Sapers.

À l'autre bout du spectre de l'âge, les prisonniers vieillissants se plaignent de ne pas avoir accès à une deuxième couverture pour se tenir au chaud et du manque d'accès aux médicaments pour traiter des problèmes de santé liés à l'âge.

« Ils n'ont pas accès à ces traitements parce qu'ils ne peuvent pas se les payer, explique M. Sapers. Ils prennent moins souvent part aux ateliers industriels en milieu carcéral et ne gagnent pas suffisamment d'argent pour se payer ces articles à l'économat du pénitencier. »

L'enquêteur correctionnel ajoute qu'il n'y a pas suffisamment d'emplois derrière les barreaux et que ce sont les détenus aux deux extrêmes des spectres de l'âge qui en souffrent le plus.

Selon un texte d'Alison Crawford

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