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Décès de la flamboyante actrice Zsa Zsa Gabor

L'actrice américaine Zsa Zsa Gabor, dont le style flamboyant a souvent fait les manchettes des journaux à potins, est morte dimanche à son domicile de Bel-Air, en Californie, à l'âge de 99 ans, a annoncé son agent.

Née Sari Gabor en février 1917 à Budapest, dans une famille de la bourgeoisie hongroise, exilée aux États-Unis avant la Deuxième Guerre mondiale, Zsa Zsa Gabor, qui avait cultivé son accent hongrois tout au long de sa vie, était peut-être plus connue pour ses neuf mariages et sa façon d'interpeller tout le monde d'un sonore « dah-ling » que pour ses prestations à l'écran.

Je suis une merveilleuse maîtresse de maison. Chaque fois que je quitte un homme, je garde la maison.

Zsa Zsa Gabor, qui répétait souvent cette blague

Elle laisse dans le deuil son neuvième mari, Frédéric Prinz von Anhalt, qui a indiqué qu'elle avait succombé à une crise cardiaque. Elle est morte entourée de sa famille et de ses amis. « Tout le monde était là. Elle n'est pas morte seule », a précisé M. Von Anhalt.

Elle avait été hospitalisée à de nombreuses reprises après avoir subi une fracture de la hanche droite en juillet 2010. Souffrant de paralysie à la suite d'un accident de la circulation en 2002 et d'un accident vasculaire cérébral en 2005, elle ne se déplaçait plus qu'en fauteuil roulant. Elle avait été amputée d'une grande partie de sa jambe droite en janvier 2011 à cause de la gangrène.

Avec ses deux soeurs, Eva (cinq fois mariée) et Magda (six fois mariée), celle qu'on surnomma un jour « la courtisane la plus coûteuse depuis Madame de Pompadour » était aussi et surtout une célébrité fréquentant les cercles mondains de l'âge d'or d'Hollywood.

Elle a eu une fille, Constance Francesca Hilton, en 1947, de son deuxième époux, le magnat de l'hôtellerie Conrad Hilton, fondateur de la chaîne d'hôtels qui porte son nom.

Son nom apparaît cependant au générique d'une trentaine de films, dont Moulin rouge de John Huston (1952) et La soif du mal (Touch of Evil) d'Orson Welles (1957), ainsi que d'une cinquantaine de téléfilms ou séries TV.

Elle avait notamment été à l'affiche d'un épisode de la série La croisière s'amuse.

Reine des petites starlettes

Grand-tante de Paris Hilton, Zsa Zsa Gabor peut être considérée comme la marraine spirituelle des Kardashian et autres starlettes qui font la joie des journaux à potins.

À partir des années 1940, elle s'est élevée dans la pyramide sociale, passant des rangs de starlette à femme de millionnaire, de comédienne obscure à personnalité marquante des médias. Sans grand talent, ne pouvant profiter, à l'instar de sa soeur Eva, vedette des Arpents verts, d'une série pouvant la propulser au sommet, elle est parvenue à devenir une vedette en jouant un rôle : le sien.

Son nom est devenu synonyme de frivolité. Elle ne semblait se préoccuper que des hommes et du lourd fardeau des gens riches et célèbres. Une des clés de son succès était de ne pas se prendre au sérieux.

Je joue une femme fabuleusement riche qui vient de s'acheter un cinquième mari. Elle est malheureuse. Je ne vous dirai pas de qui il s'agit réellement.

Zsa Zsa Gabor, au sujet d'un rôle qu'elle avait obtenu à la télévision en 1956

Elle s'est même auto-parodiée dans des segments du Late Show de David Letterman.

Démêlés avec la justice

Zsa Zsa Gabor s'est retrouvée impliquée dans deux des plus grands scandales du début du XXIe siècle : la mort de Anna Nicole Smith (Frédéric von Anhalt prétendait avoir une liaison avec elle) et la fraude de Bernard Madoff, dans laquelle elle aurait perdu, selon un avocat, 10 millions de dollars.

Et en juin 1989, elle était une des protagonistes de « la gifle entendue partout dans le monde ». Elle avait alors giflé Paul Kramer, un policier, sur une rue de Beverly Hills, après que ce dernier eut tenté de lui donner une contravention. Elle a été reconnue coupable de coups et blessures envers un policier, d'avoir conduit sans permis et d'avoir un contenant rempli d'alcool à la vue de tous dans son auto. Elle est restée détenue pendant trois jours avant d'être obligée de faire des travaux communautaires dans un refuge pour femmes et de payer une amende de 13 000 dollars. Après sa libération, elle a déclaré aux journalistes que ses geôliers l'avaient bien traitée.

J'étais pétrifiée, au début. Ils ont même saisi ma trousse à maquillage!

Zsa Zsa Gabor, au sujet de sa brève incarcération

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