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Décriminaliser toutes les drogues : une solution à la crise des surdoses?

« Une personne que j'aimais est morte d'une surdose ». C'était le message écrit sur les pancartes brandies par la quinzaine de personnes réunies au centre-ville d'Edmonton pour la Journée nationale d'action contre la crise des surdoses. L'occasion aussi pour les organisateurs de demander la décriminalisation de toutes les drogues.

Des rassemblements ont également eu lieu à Vancouver, Victoria et Nanaimo en Colombie-Britannique, ainsi qu'à Toronto, Ottawa, Montréal et Halifax, tous organisés par le groupe Canadian Association of People Who Use Drugs.

La campagne #LifeWontWait (« La vie n'attendra pas ») demande aux gouvernements provinciaux et fédéral de réviser leur approche concernant la crise mortelle des opioïdes et du fentanyl au pays.

Son principal objectif : décriminaliser l'utilisation de toutes les drogues.

« Ce que nous désirons c’est un accès sécuritaire et de vraies ordonnances. Il faut réaliser que la guerre contre la drogue est une guerre contre les gens », explique Shanel Marie Twan, du groupe Canadian Association of People Who Use Drugs.

D’après elle, la décriminalisation permettrait de régler en partie la crise des surdoses mortelles, notamment parce que les produits ne seraient plus vendus dans la rue, sans qu’il soit possible de savoir ce qui se trouve dedans. « Surtout maintenant qu’il y a du fentanyl dans presque toutes les substances vendues dans les rues », soutient-elle.

Font également partie de leurs demandes des sites d’injection supervisée, un accès plus rapide à des lits de traitement ainsi que l’augmentation à l’accès au soutien psychologique lié aux opiacés, y compris les programmes de traitement de la toxicomanie dans les prisons et après la libération.

La lutte de la province contre le fentanyl

En 2016, 343 personnes sont mortes en Alberta suite à la consommation de fentanyl. Il s’agit d’une augmentation d’une centaine de morts par rapport à 2015, alors que 257 personnes ont perdu la vie.

La province a mis en place, au début du mois, son nouveau plan qui vise à mettre à la disposition des premiers intervenants et du public une trousse d'antidotes sans ordonnance pour contrer les overdoses. L’Alberta entend également ouvrir son premier site d'injection sécuritaire à la fin de l'année.

Le gouvernement fédéral a, quant à lui, annoncé des changements législatifs à la fin de l'année dernière afin d’accélérer le processus d'ouverture des centres d'injection sécuritaire.

Éveiller les consciences

Shanel Marie Twan considère que les trousses de naloxone sont un bon pas en avant, mais que celles-ci devraient surtout être accessibles pour les familles des personnes toxicomanes. « Malheureusement, une personne ne peut pas s’administrer seule l’antidote en cas de surdose, il faut donc élargir les formations et l’accessibilité à ces trousses pour tout le monde », dit-elle.

Après le rassemblement, le groupe devait rencontrer la ministre associée à la Santé, Brandy Payne, pour amorcer un dialogue. Shanel Marie Twan pense que ce n’est que le premier pas d’une longue route pour éduquer et sensibiliser les Albertains.

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