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Déficits : autres temps, autres circonstances, dit Paul Martin

L'ex-ministre fédéral des Finances Paul Martin persiste et signe. Il continue de défendre la promesse Justin Trudeau d'investir massivement dans les infrastructures même au prix de déficits.

Un texte de Mylène Crête

Cette position qui peut paraître surprenante pour celui qui, dans les années 90, avait redressé les finances publiques canadiennes. Ministre des Finances de 1993 à 2002, Paul Martin avait réussi à éliminer un lourd déficit et à produire cinq surplus budgétaires consécutifs.

Il ne voit pourtant pas d'ironie dans l'appui qu'il donne aujourd'hui au pari du chef libéral.

« Les circonstances ont changé fondamentalement. Lorsqu'on l'a fait, le Canada était vraiment en grande difficulté, rappelle-t-il dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir. On avait les pires états financiers de tous les grands pays à l'exception de l'Italie. »

Justin Trudeau promet de doubler le montant d'argent accordé à l'amélioration des infrastructures si son parti est porté au pouvoir, soit un montant total de 125 milliards de dollars en dix ans. Pour y parvenir, il renoncerait à l'équilibre budgétaire jusqu'en 2019. Le Canada accumulerait ainsi un déficit de 10 milliards de dollars étalé sur deux exercices financiers.

Selon Paul Martin, ces investissements sont nécessaires pour stimuler la croissance économique, créer des emplois et améliorer la qualité d'infrastructures vieillissantes. « Le moment d'investir est quand les taux d'intérêt sont bas, répète-t-il. Quand vous êtes capables d'emprunter à long terme sur 30 ans, par exemple. »

Il voit une différence entre le déficit auquel consentirait Justin Trudeau pour effectuer ces investissements et ceux accumulés par le gouvernement conservateur qui a pourtant dû faire face à la crise économique de 2008.

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