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Demandeurs d’asile : la « crise » s'amplifie, selon le syndicat des douaniers

Les demandeurs d'asile qui s'entassent par centaines à Saint-Bernard-de-Lacolle vivent dans des conditions de plus en plus difficiles et ils devront vraisemblablement prendre leur mal en patience encore plus longtemps, estime le président du Syndicat des douanes et de l'immigration, Jean-Pierre Fortin.

Face à cet afflux de migrants qui franchissent la frontière de façon illégale, Ottawa a dépêché quelques agents frontaliers de plus à la frontière et a demandé à l’armée d’installer des tentes pouvant abriter 1200 personnes. Mais cela ne suffit tout simplement pas, selon lui.

« [Lundi], il y avait environ 300 demandeurs d’asile qui couchaient sur des quais de débarquement – où on décharge les camions – et 150 à 200 autres [dormaient] à l’intérieur dans des conditions extrêmement difficiles », a-t-il relaté mardi en entrevue à Radio-Canada.

« Ultimement, c’est nous qui avons la responsabilité de ces gens, et toute la logistique qui entoure ça est extrêmement compliquée », a-t-il ajouté.

Les tentes installées par l’armée « ouvrent graduellement » et davantage de demandeurs d’asile pourront y trouver refuge le temps que les douaniers en poste à Saint-Bernard-de-Lacolle effectuent de premières vérifications d’identité et de sécurité, a convenu M. Fortin. Cela prend actuellement trois ou quatre jours.

Mais l'afflux de migrants fuyant les États-Unis est si important à l'heure actuelle que ce temps d'attente ne pourra qu'augmenter.

« [Lundi], il est entré 480 [personnes]. On est capable de traiter pas plus de 200 demandes par jour et, là encore, je suis généreux. Donc à chaque jour, la liste allonge, le temps [d’attente] s’allonge et les difficultés demeurent », a-t-il soutenu. « Si on ajoute 250 migrants qu’on n’est pas capable de traiter par jour, [multipliez] ça sur cinq jours, sur sept jours… Les temps d’attente vont continuer à exploser. »

Des déplacements en avion?

Le syndicaliste a aussi avancé que des migrants partiraient d'Haïti et transiteraient en avion aux États-Unis et vers la frontière américano-canadienne, pour ensuite la traverser à pied.

« Plusieurs vols par semaine [...] pourraient partir d'Haïti, arriveraient à Miami, puis à Plattsburgh, a-t-il dit. [...] C'est de l'information qu'on a eue des autorités américaines qui travaillent dans les aéroports du côté américain. Donc ça me paraît assez valide. »

M. Fortin a dit ne pas comprendre que seuls 15 à 20 agents puissent être envoyés en renfort à Saint-Bernard-de-Lacolle.

« On devrait en avoir 40 ou 50 », a-t-il déclaré, en soulignant que 6300 personnes peuvent effectuer ce travail dans l’ensemble du Canada.

De passage à Saint-Bernard-de-Lacolle, la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a plutôt soutenu que l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a toutes les ressources nécessaires pour faire face à la situation.

M. Fortin a estimé que les propos Mme Bibeau ne reflétait pas fidèlement la réalité. « Je ne sais pas si elle a parlé à des agents directement sur le terrain, a-t-il dit. Si ça n'a pas été fait, je l'inviterais certainement à communiquer directement avec les gens qui font le travail, parce que ce n'est pas du tout la situation. »

L'armée canadienne a fait savoir de son côté que l'installation d'un troisième camp d'hébergement temporaire d'une capacité de 260 places est présentement retardée, puisque l'ASFC n'a toujours pas obtenu le droit d'utiliser le terrain qui est convoité pour les accueillir.

« Il y a des négociations entre le propriétaire du terrain et l’ASFC », a expliqué le lieutenant Karl Grodzinski, porte-parole de l'armée canadienne. « Nous, on attend pour monter les tentes. On est prêt, tout notre équipement est ici. C’est juste le droit d’usage qu’on attend. »

La Croix-Rouge a par ailleurs précisé qu’elle traite quelque 40 cas par jour pour différents malaises, que ce soit en raison des conditions à la frontière ou de conditions préexistantes. Elle précise qu’aucun médecin n’est sur place et que, lorsque l’état de santé d’un individu l’exige, il est envoyé à l’hôpital.

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